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le blog de brigitte blang

l'actualité politique vue par une militante du parti de gauche.


du côté des copains

Publié le 30 Septembre 2009, 23:00pm

Catégories : #un petit tour chez les socialistes

À l'occasion de la rentrée, permettez-nous de revenir sur le livre de Romain Mathieu, chercheur en science politique et porte-parole du PG Vosges. Il est sorti en mai 2009 aux éditions l'Harmattan. Vous pouvez vous le procurer auprès de Romain (mail du PG Vosges) ou chez votre libraire (il en reste d'ailleurs à la librairie Au moulin des lettres à Épinal).

L'idéologie du renoncement - Petite critique contre les fossoyeurs du socialisme revient sur la transformation lente et insidieuse de la ligne du PS depuis quelques années. La dérive qui a amené le PS français à se rapprocher de plus en plus de la ligne des partis sociaux-démocrates européens, en passant du socialisme de 1981 à la rigueur sonnera le glas de l'espérance en une société plus juste que portait le PS depuis la première tentative de programme commun de la gauche dans les années 1970. Ayant aujourd'hui consommé sa mutation en parti démocrate, qui refuse toute idée de changement de société au nom du pragmatisme et du principe de réalité, le PS en est aux grandes manœuvres pour faire accepter petit à petit à ses adhérents l'union prévue avec le MoDem, au détriment de sa tradition d'union de la gauche, marchant en cela sur les pas du SPD allemand ou du parti social-démocrate hongrois qui gouvernent maintenant avec la droite, toute honte bue, en expliquant que la situation l'exige. Et en effet, on pourra se rendre compte à l'examen des textes socialistes, tant issus des congrès que des livres des responsables du Parti socialiste, que le PS a terminé sa métamorphose et ne met plus la rupture socio-économique avec le capitalisme en avant, car celui-ci constitue maintenant un horizon indépassable qu'on ne peut raisonnablement penser dépasser. Il faut donc être « pragmatique », « raisonnable », « responsable », et tenter des améliorations sociétales, mais surtout pas un changement radical de société, ce qui est de toute façon « impossible ». Le consensus s'est donc déplacé de l'accord sur les règles du jeu démocratique à un accord sur les règles du jeu économique. A partir de là, le PS devient une sorte de gauche molle, qui « renonce » à la plupart de ses fondamentaux et remet en cause sa raison d'être au profit du maintien de positions de pouvoir et d'une volonté de représenter maintenant toute la société, c'est-à-dire pour eux une vaste classe moyenne dépersonnalisée. La volonté de changer le monde et d'aller vers une société plus juste et un monde de partage en fait alors les frais, accusée (pour changer !) d'être « archaïque », « dépassée » et l'apanage de « dinosaures » de la politique (tels Jean-Luc Mélenchon par exemple, évidemment). Devant la pente que continue de suivre le PS, il était nécessaire de comprendre ces transformations et de montrer d'où elles venaient.

 

 Texte de la quatrième de couverture :
Chute du bloc communiste. Mondialisation. Fin des idéologies et victoire inéluctable du capitalisme.

 Face à cela, les bien-pensants, de droite comme de gauche, n'ont qu'un refrain : le changement pour s'adapter, pour prendre en compte la nouvelle complexité du monde qui nous entoure. Tout système de pensée théorique et argumenté est alors décrit, par ces évangélistes de l'idéologie dominante, comme le chemin du totalitarisme. Nous serions rentrés dans l'ère du «  pragmatisme », du «  réalisme »". Certains modernisateurs ont cessé de hanter le champ politique, mais d'autres ont pris le relais et ont réussi à changer durablement les modes de pensée du socialisme français. L'évolution a été progressive, douce, mais inéluctable. Pour quel  résultat ? Une modernisation du vieux socialisme, ou un abandon des principes socialistes pour permettre une normalisation social-libérale ? Le PS est-il encore socialiste ? Dans cette acceptation d'un système capitaliste que le socialisme avait entrepris de dépasser, le changement n'est pas circonscrit à la seule économie de marché. Bien au contraire, tous les fondamentaux, les principes, les héritages du socialisme sont enterrés. Plus que d'une rénovation, c'est donc bel et bien d'un renoncement qu'il faut parler, non pas pragmatique et gestionnaire, mais idéologique, car touchant aux structures mêmes de la pensée socialiste.

Ce livre permet de comprendre la transformation du PS à partir des textes et apporte un éclairage intéressant sur l'idéologie du consensus et de l'acceptation du capitalisme que la direction du PS cherche à faire émerger tout en se réclamant toujours de la gauche, et en en adoptant de façon régulière les accents à chaque fois qu'elle se sent vaciller, car les électeurs ne continueront pas indéfiniment à faire confiance à ceux qui bafouent leurs engagements sur de nombreux sujets (comme l'Europe) et de ce fait se moquent ouvertement de ceux qui ont cru en eux.  

Bonne lecture, et n'hésitez pas à faire découvrir ce livre à vos amis et camarades qui voudraient mieux comprendre la situation du PS pour se retrouver dans l'actualité foisonnante de la gauche, que le PS contribue pour une large part à opacifier, de par ses revirements et ses annonces fracassantes et récurrentes.

(photo PG57. Aline et Romain à Bagnolet)

PG 88

 

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