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le blog de brigitte blang

l'actualité politique vue par une militante du parti de gauche.


laquelle on choisit?

Publié le 28 Août 2009, 23:01pm

Catégories : #à gauche - toutes !

Cinq histoires à écrire ? (chez Rue 89)

 

1) Une Union de la gauche sans le Parti socialiste ?

La question n’est plus taboue chez les minoritaires : peut-on construire une union de la gauche sans le PS ? Au vu des résultats des Européennes, certains écologistes envisagent un tel scénario. Ils misent sur :

* les divisions internes au Parti socialiste ; * l’incapacité de Martine Aubry à s’imposer comme le chef incontesté de son parti ; * la dynamique électorale qui a rassemblé les écologistes et les « associatifs » ;

Y croient-il vraiment ? En tout cas, dans France Soir, la députée de Guyane Christiane Taubira brandit cette menace :

« Il faut lui faire comprendre [au PS, ndlr] que ça peut se passer ailleurs et sans lui. »

Avantage : ce scénario recompose entièrement le paysage à gauche et offre une vraie nouveauté aux électeurs.

Inconvénient : il ne résout pas l’épineuse question d’un « leader » pour la présidentielle et présente la difficulté d’avoir à élaborer un programme commun entre des gens d’opinions fort éloignées.

2) Avec ou sans le MoDem ?

La question d’une alliance avec le MoDem de François Bayrou est au cœur des préoccupations. Faut-il, par réalisme politique, s’allier avec des centristes pour privilégier une option « Tout sauf Sarkozy » ?

Dans l’Express, le « mécano » Daniel Cohn-Bendit s’est ouvertement prononcé en faveur de ce scénario :

« Vous voulez une majorité, oui ou merde ? S’il faut ajouter le MoDem, on ajoute le MoDem…, a-t-il dit jeudi soir. Si vous voulez une majorité, il faut aller chercher les gens là où ils sont, pas là où vous êtes. »

Gros succès parmi les militants présents, mais vrai débat de fond une fois la réunion terminée comme le raconte Marianne.fr :

« Tant qu’on parle de réseau, Europe écologie fonctionne très bien, analyse une militante parisienne. Mais dès qu’on envisage la nomination d’une personne ou même l’élection présidentielle, ça ne marche plus : c’est la grande faille du mouvement ! »

Avantage : cela permet de séduire une bonne partie de l’électorat centriste, là où se sont gagnées toutes les élections présidentielles.

Inconvénient : l’ombrageuse figure de François Bayrou risque d’obérer radicalement la possibilité d’une telle alliance. Rappelons le clash qui l’a opposé à Daniel Cohn-Bendit dans la campagne pour les européennes.

3) La grande alliance de gauche, des communistes aux socialistes

Ce remake de l’Union de la gauche version 1978 pourrait se reproduire, tant les divers partis y ont intérêt. Les communistes se referaient une santé électorale, les écologistes sortiraient de leurs bisbilles et les socialistes retrouveraient leur rôle de chef de file.

C’est la voie défendue par Cécile Duflot, l’une des plus tactiques chez les Verts. Elle l’a résumée ainsi sur le NouvelObs.fr :

« Nous sommes déjà en alliance avec le PS dans certaines collectivités locales. Mais ces alliances ne sont pas automatiques. Elles se font autour d’un projet. »

Cela suppose que le PS parvienne à proposer un « projet » suffisamment consensuel et ouvert pour convaincre ses partenaires de jouer la carte de l’union.

Avantage : cela reprend une formule qui a démontré son efficacité en 1981.

Inconvénient : pas facile à mettre en œuvre, en l’absence d’un projet fédérateur et neuf.

4) Les « modérés » et les « radicaux »

Autre scénario envisageable : la constitution de deux forces, une modérée et une radicale, s’articulant autour d’un éclatement du PS et de sa recomposition. D’un côté, une aile centro-progressiste appelée de ses vœux par plusieurs quadras du PS. De l’autre, une aile plus radicale visée par un Jean-Luc Mélenchon, bénéficiaire de nombreux relais rue de Solférino. Le chef du Front de gauche l’avait longuement expliqué en début d’année sur Rue89.

« On ne peut pas choisir entre des gauches, on choisit entre des orientations politiques. Et ensuite, on se demande comment on peut faire pour les rendre majoritaires. Moi j’espère constituer un front de gauche qui soit assez puissant pour mettre une telle pression sur le Parti socialiste qu’il change de cap. »

Avantage : offrir au premier tour un vrai choix à gauche et constituer une réserve de voix pour le second tour en 2012.

Inconvénient : faire apparaître au grand jour la diversité des options idéologogiques, dans la lignée des divergences européennes.

5) Le statu quo jusqu’au printemps

C’est sans doute le scénario le plus probable de cette rentrée. Malgré les velléités de la nouvelle génération -celle qui n’a jamais été au pouvoir-, les différentes formations ont surtout intérêt à attendre les élections… régionales de 2010.

Le rapport de forces issu des urnes permettra alors à chacun de compter ses troupes et de faire valoir ses ambitions pour 2012. Plus que jamais, la présidentielle est un rendez-vous obligé des partis politiques, car leur financement public repose en grande partie sur son résultat qui conditionne aussi celui des législatives.

Sur le fond, les récents échanges entre ténors de la gauche -comme dans Le Monde entre Vincent Peillon et Daniel Cohn-Bendit- montrent que les points d’accords sont finalement plus fréquents qu’on ne pourrait le croire.

Avantage : chacun conserve son pré carré et sa « différence ».

Inconvénient : le statu quo assure à l’UMP de rester majoritaire, quoi qu’il arrive.

 

 

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