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le blog de brigitte blang

l'actualité politique vue par une militante du parti de gauche.


on s'en doutait. Pas vous?

Publié le 21 Juin 2009, 23:00pm

Catégories : #campagnes en tous genres

Quand Jean-Louis Borloo demandait aux préfets de faire la promotion de « Home »…

 

La lettre a été envoyée aux préfets de région à la veille du début de la campagne officielle des élections européennes du 7 juin, qui astreint à une obligation de réserve les ministres et les agents publics. Elle émane du ministère de l'écologie. Jean-Louis Borloo y demande aux préfets de région de veiller à la diffusion, sur leur territoire, du film Home, d’Yann Arthus-Bertrand, « un appel à la prise de conscience écologique en matière de réchauffement climatique ». Une copie du film accompagne le courrier.

Certains préfets se sont exécutés, organisant une projection du documentaire. C'est le cas, par exemple, en Moselle, où le préfet de région, Bernard Niquet, a largement invité, le 5 juin, les fonctionnaires à se rendre au Caméo-Ariel à Metz, pour assister à la diffusion du film. Dans un courrier envoyé aux différentes sous-directions de la préfecture, M. Niquet indique qu'il « serait souhaitable que les directions soient représentées par une vingtaine de personnes ». Le préfet précise qu'il agit « à l'initiative du ministère de l'écologie ».

D'autres préfets se sont montrés plus réticents. « Nous rentrions dans une période de réserve, raconte l'un d'eux. Il n'était pas question pour moi d'organiser une séance publique. Et je n'ai pas vu l'intérêt d'organiser une projection privée à la préfecture, alors que les gens pouvaient tranquillement regarder le film chez eux.» « De ma carrière, je n'avais jamais reçu une telle demande à la veille d'une échéance électorale », commente un autre.

« Il n’y avait pas malice »

Le ministère de l'écologie ne dément pas l'opération, mais se défend de toute arrière-pensée électoraliste. « Nous avons mis à la disposition des préfets le film pour qu'ils le valorisent. Nous avions la volonté de partager ce magnifique document avec des gens que nous avons beaucoup sollicité sur le Grenelle. Il n'y avait pas malice. En aucun cas, il ne s'agissait d'une instruction », explique le conseiller en communication de Jean-Louis Borloo, Benoît Parayre

Dimanche 7 juin, au moment des résultats, certains dirigeants de l'UMP se réjouissaient de l'influence du film sur le score des écologistes. « Le score des Verts : Home diffusé deux jours avant le scrutin, 9 millions de spectateurs ! », avait fanfaronné Xavier Bertrand, le secrétaire général de l'UMP. Le 5 juin, des membres du gouvernement avaient même organisé une soirée autour du film. Nathalie Kosciusko-Morizet avait ainsi réuni des militants de l'Essonne, aux côtés de Jean-Louis Borloo et de Michel Barnier. « Chacun était libre de s'emparer du film », justifie l'entourage de la secrétaire d'Etat à l'économie numérique.

Au lendemain du scrutin, après un début de polémique sur l'opportunité de la programmation de ce film, la direction de France 2 avait soutenu que la décision avait été prise deux ans auparavant, lorsque la date du scrutin européen n'avait pas encore été arrêtée. La chaîne avait fait valoir que le 5 juin coïncidait avec la Journée mondiale de l'environnement. La direction de la chaîne publique avait encore affirmé que le film avait été diffusé sur 81 autres chaînes étrangères. Le CSA n'avait rien trouvé à redire et considéré que le film n'avait pas « porté atteinte au principe de pluralisme, ni à l'exigence d'équité qui s'impose aux médias audiovisuels en période électorale ».

En Europe pourtant, très peu de chaînes ont programmé ce film. Une chaîne publique suisse l'a diffusé, mais la Confédération helvétique ne fait pas partie de l'Union européenne, ainsi que la chaîne publique portugaise RTP2. En Italie, en Espagne ou encore en Grande-Bretagne, le film a échappé aux... électeurs.

Sophie Landrin

(le monde.fr)

 

On pensait bien, par ci, par là, que ce bel objet en couleurs et papier glacé, ce n’était pas complètement anecdotique, deux jours avant le scrutin. Comme si, soudain, on nous avait télécommandé dans nos boites à penser des vertus et des pudeurs d’écologistes et de défenseurs de la mer bleue et des petits z’oziaux. Comme s’il fallait absolument rendre très vite responsables les électeurs du lendemain, ceux qui, peut-être auraient eu la mauvaise idée de voter de travers. Pour ceux-là, on a mis en avant les images, les nounours qui vont mourir, les petites fleurs que si ça se trouve nos petits-enfants n’en pourront plus faire des bouquets, et  le toutim. Et puis, voilà que ça a marché au-delà de leurs espérances, dis donc. Même que des électeurs de gauche depuis toujours ont mis un bulletin vert dans l’urne, au lieu d’un rose, par exemple. L’électeur de base socialiste se paie une bonne conscience en allant voter vert. En oubliant que l’écologie ne rime pas toujours avec joli. Que les enjeux sont ailleurs, dans la surexploitation de la planète, qu’il faudrait tout reconsidérer, nos modes de fonctionnement, notre façon de vivre, de consommer, de nous déplacer, bref, tout ça est dans notre programme, au Parti de gauche, on ne va pas vous faire l’article ! Mais tout ça, on n’en a pas entendu parler… Et pourtant, la liste verte, elle a fait combien ?

bb pg57

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