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le blog de brigitte blang

l'actualité politique vue par une militante du parti de gauche.


après le conseil national

Publié le 16 Juin 2009, 23:00pm

Catégories : #parti de gauche

Déclaration du Conseil National du Parti de Gauche

 

Le 7 juin, dans les urnes, l’Union Européenne est devenue un désert de la démocratie. Les milieux populaires s’en sont écartés par une abstention presque totale. Les élites sociales la dominent presque sans partage. Les points de vue des milieux qui sont les moins frappés par la crise sont surreprésentés dans les urnes. Or, seule l’implication populaire permettrait de faire émerger un système politique nouveau conforme aux attentes de la majorité de la population. Faute de cela, ce qui va déjà mal ira encore plus mal, dans notre pays comme en Europe.

La droite l’emporte quasiment partout en Europe. En France, toutes listes confondues, elle est majoritaire en voix. Il faut regarder cette réalité en face. La droite a la main au moment même où sévit une crise historique du capitalisme. C’est vrai dans toute l’Europe. Le Parlement européen sera ainsi le plus à droite depuis sa création en 1979. En France, les conséquences ne se sont pas fait attendre : triomphant, Nicolas Sarkozy annonce déjà un ensemble de mesures qui vont aggraver la situation de la majorité de nos concitoyens.

Les partis sociaux-démocrates dominants à gauche en Europe portent la principale responsabilité de ce désastre. Face aux partis de droite, ils n’offrent aucune alternative. Au mieux proposent-ils la régulation du capitalisme financier. Pascal Lamy et Dominique Strauss-Kahn comme horizon. « Non merci » ont répondu les salariés dans tous les pays, délaissant une partie qui semblait jouée d’avance entre pareil et même. Tous les modèles sociaux-démocrates sont en déroute. En Italie, pays des primaires, la défaite est sans appel. En Grande-Bretagne, pays du « parti unique à gauche », le Labour, l’effondrement est historique. C’est donc un problème d’orientation politique qui est posé à la social-démocratie en Europe. Le Parti socialiste en France peut-il en tirer les conséquences ? Va-t-il renoncer à son alignement sur le PSE ? Va-t-il enfin renoncer à cogérer le Parlement européen avec la droite à travers le groupe du PSE ? Le Parti de Gauche appelle solennellement le Parti socialiste à changer d’orientation en rompant ses liens avec la droite européenne et les politiques libérales qu’ils impliquent.

Le score d’Europe Ecologie doit être apprécié dans tous ses aspects. Il faut d’abord relever son aspect positif : il contribue à la prise de conscience de l’urgence écologique. Mais la stratégie politique formulée par Daniel Cohn-Bendit le soir même des élections n’est pas à la hauteur de cette ambition. Une alliance Modem/Verts/PS permettrait au mieux un saupoudrage de mesures de réparations environnementales, laissant intact le système qui produit les dégâts. Elle serait incapable de prendre des mesures efficaces contre la catastrophe écologique qui s’avance, faute de remettre en cause la logique capitaliste et productiviste qui en est à la racine. En outre, cette stratégie d’alliance a montré ses effets désastreux là où elle a été mise en œuvre. En Italie, la gauche s’est effacée derrière une alliance des démocrates… incapable de battre une des droites les plus populistes et extrémistes d’Europe. Les Verts, composante importante d’Europe Ecologie qui a choisi le camp de la gauche il y a plusieurs années, sont devant un choix. Soit ils s’engagent définitivement sur une stratégie qui finalement ne serait guère différente de celle induite par le Modem ; soit ils réaffirment leur ancrage à gauche et ils assument les responsabilités éminentes que leur donne leur nouvelle représentativité.

Il reste à relever le résultat élevé de l’autre gauche. Cela confirme l’analyse qui a fondé notre stratégie de rassemblement dans l’objectif d’un nouveau centre de gravité à gauche. Au sein de l’autre gauche, le Front de Gauche a été le plus convaincant. Il obtient 6,5% des voix. Il apporte 5 élus au groupe de la Gauche Unitaire Européenne (3 dans le mandat précédent alors que le nombre de députés européens élus en France a baissé). Le résultat montre aussi qu’unie plus largement, l’autre gauche aurait changé le paysage politique de l’élection.

Nous aurions obtenu 12 élus au lieu de 5 pour le Front de Gauche et 0 pour le NPA et LO.

Nous aurions privé le FN de son siège dans l’Est, battu Le Pen dans le Sud-Est et Hortefeux dans le Centre. Nous aurions produit un bouleversement politique majeur. Si nous nous unissons, celui-ci est toujours à notre portée.

Face à la crise politique qui s’étend, l’échec de la ligne démocrate épousée par le Parti Socialiste éclate aux yeux de tous. Dans ce contexte, le Front de Gauche a atteint son premier but. Il crédibilise la seule stratégie permettant de construire une nouvelle majorité populaire pour gouverner la France. Il préfigure le moyen de proposer au pays une autre orientation au service de l’intérêt général et non des intérêts particuliers des privilégiés de la finance.

Le Parti de Gauche propose donc de continuer et de renforcer le Front de Gauche. Il s’adresse et va proposer des rencontres en ce sens au PCF, à Gauche Unitaire, à République et Socialisme, à tous les membres des comités d’initiative et de soutien qui ont participé au Front de Gauche pour changer d’Europe. Le Parti de Gauche leur propose un Front de Gauche permanent, présent dans les luttes et dans toutes les élections, des régionales de 2010 aux présidentielles et législatives de 2012, ainsi que lors des élections partielles qui se dérouleront d’ici là. Il adresse cette proposition à toute l’autre gauche, notamment au NPA, aux Alternatifs, à Ecologie Solidaire, AlterEkolo, et au MRC. Cette unité serait décisive pour impliquer les citoyens et plus particulièrement les classes populaires dans le combat politique pour une alternative. Elle permettrait l’émergence d’un véritable Front Populaire. Elle faciliterait la naissance de l’alternative au capitalisme, rendue plus urgente que jamais par la catastrophe écologique et la crise actuelle du système.

Sur le terrain européen, le Parti de Gauche propose que le Front de Gauche s’implique dans la bataille décisive contre la ratification du traité de Lisbonne qui se jouera notamment lors du nouveau referendum prévu en Irlande à l’automne prochain. Par la voix de ses députés européens, il proposera des mesures urgentes face à la crise qui va s’approfondir.

Face aux attaques de la droite en France, le Parti de Gauche propose de mener dès la rentrée des campagnes unitaires du Front de Gauche. D’abord pour soutenir les luttes sociales et les travailleurs qui les mènent. Mais il faut aller au-delà. Les mobilisations du Front de Gauche doivent s’appuyer sur les positions institutionnelles auxquelles nous participons. Ainsi par exemple, en s’appuyant sur les contenus des 3 propositions de lois déposés par les députés PCF et PG au printemps. Mais nos mobilisations Front de Gauche doivent investir d’autres terrains tout aussi fondamentaux Elles doivent participer aux actions sur les enjeux écologiques en particulier à l’horizon des sommets internationaux sur la question du climat. Elles doivent d’urgence investir le terrain de la défense des libertés et de l’identité républicaine de la France mises en cause par l’approfondissement du cours libéral et liberticide de la politique de Nicolas Sarkozy. Enfin, le Parti de Gauche propose à ses partenaires de s’engager dans l’élaboration de propositions programmatiques alternatives du

Front de Gauche, car même si la démarche ne porte pas tout de suite sur tous les sujets et ne permet pas d’aboutir sur chaque chantier ouvert, elle afficherait une ambition commune et créerait un nouvel état d’esprit.

Dans la perspective des prochaines élections régionales, le Parti de Gauche propose d’ouvrir des discussions sur les changements politiques à opérer dans la gestion des régions. Il constate que le PS et les Verts abordent cette échéance avec une stratégie d’alliances à la carte. En laissant largement ouverte l’hypothèse d’alliances avec le centre, cette stratégie pousse la gauche à limiter son programme à des mesures compatibles avec la logique du système capitaliste au moment où il faudrait la remettre en cause. Pour ces raisons, le Parti de Gauche se prononce pour la constitution de listes du Front de Gauche autonomes, composées avec toute l’autre gauche. De telles listes pourraient prendre la tête de la gauche et faire élire de nouveaux exécutifs pour nos régions. Si elles n’y parvenaient pas, elles se mobiliseraient évidemment pour battre la droite au deuxième tour. Elles seraient bien sûr disposées pour cela à fusionner avec la liste de gauche arrivée en tête si les conditions politiques le permettent, notamment si celle-ci ne comprend pas de représentants du Modem.

Enfin, pour renforcer et faire gagner le Front de Gauche, il faut que celui-ci exprime sa diversité qui est la condition actuelle de son attractivité. Notre devoir est donc de développer le Parti de Gauche. Nos comités s’engagent en conséquence dans une vigoureuse campagne d’adhésion. Mais nous visons plus haut, plus fort. Nos objectifs particuliers de développement ne nous font pas perdre de vue la grande ambition adoptée par notre congrès fondateur : faire naitre une nouvelle force politique capable de prendre en charge un changement de cap pour toute la gauche. Dans ce but, nous avons deux outils : l’élargissement du Front de Gauche, et aussi celui du Parti de Gauche. C’est pourquoi nous décidons de co-organiser, nationalement comme localement, le congrès fondateur du Parti de Gauche prévu en fin d’année avec toutes celles et ceux, groupes, collectifs et personnalités, qui souhaiteraient construire cet outil qu’est pour la gauche le parti dont nous avons lancé les bases constituantes il y a six mois seulement. Le Parti de Gauche n’est pas notre propriété. Il appartient à tous ceux qui en ont besoin. Il sera l’œuvre de tous ceux qui le feront vivre.

Au cœur de ce congrès, le Parti de Gauche mettra les intérêts du plus grand nombre, de la très grande majorité de nos concitoyens qui n’ont que leur force de travail pour vivre, souvent de moins en moins bien, les classes populaires qui se sont massivement abstenues et à qui le Parti de Gauche, par la stratégie du Front de Gauche, entend proposer rapidement un débouché politique crédible.

 

Pour le Parti de Gauche,

Le Front de Gauche continue

Uni dans la rue comme dans les urnes

Lors de toutes les élections à venir, partielles ou générales, régionales ou nationales

Afin de bâtir une alternative majoritaire et gouvernementale à ce système en faillite.

 

Bagnolet, le 14 juin 2009


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