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le blog de brigitte blang

l'actualité politique vue par une militante du parti de gauche.


onfray nous soutient!

Publié le 5 Juin 2009, 23:00pm

Catégories : #front de gauche

Le mégaphone comme idéal platonicien,

par Michel Onfray

 

J’ai d'abord vu d'un bon œil la création du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) jusqu'à ce que je constate, comme beaucoup d'électeurs de la gauche antilibérale déçus par la chose, que ce nouveau parti n'avait de nouveau que le nom, car il prorogeait la vieille technique des partis classiques qui parlent, pensent et agissent d'abord en boutiquiers défenseurs de leur petite entreprise, sans véritable souci de s'attaquer à la misère réelle de ceux qui, nombreux, font les frais de la politique libérale de Nicolas Sarkozy.

Le drapeau et le sigle qui figure sur la profession de foi du NPA pour les prochaines élections européennes dit tout : un mégaphone ! Voilà le programme : le slogan plus l'électricité... Avec pareil projet, c'est sûr que la gauche antilibérale ira loin et que Nicolas Sarkozy tremblera lors de sa course au second mandat !

Il y a plus grave. En l'occurrence dans l'erreur de raisonnement, un paralogisme pour le dire clairement, qui consiste pour le NPA à refuser l'union aujourd'hui avec les gauches qui ne sont pas lui, sous prétexte que demain l'union ne durerait pas, tout en faisant ce qu'il faut pour qu'elle n'ait jamais lieu !

En effet, le NPA envoie la gauche antilibérale dans les bras du PS et lui reproche cette union contre nature. Mais c'est faute d'union du NPA avec le restant de la gauche antilibérale que cette dernière se trouvera dans l'obligation d'alliances avec le Parti socialiste. Car la politique est affaire de rapports de forces et non d'idéaux flottant dans un ciel platonicien...

Par l'espoir qu'il a créé d'un large rassemblement de la gauche antilibérale, par l'indéniable qualité de son leader, le NPA a réellement le pouvoir d'inverser le rapport de forces, puis d'en créer un autre sur la base d'une large et réelle union des gauches antilibérales. Il pourrait ainsi donner naissance à un véritable foyer majoritaire qui contraindrait le PS, devenu minoritaire à gauche, à chercher ses alliances ailleurs qu'avec le MoDem.

Pervers, infantile ou suicidaire

C'est en gauchisant sa position, pure, certes, mais totalement inefficace pour les pauvres qui "trinquent" tous les jours, que le NPA contribue au jeu politique comme il est. Ce refus de faire de la politique concrètement et ce refuge dans la politique politicienne du parti, qui mène sa barque tout seul, fait malheureusement du NPA un allié objectif de l'UMP, du PS libéral et des alliances de ce PS avec le MoDem.

On ne peut contraindre les autres à s'allier avec des adversaires parce qu'on refuse l'union avec eux et leur reprocher ensuite cette union contre nature. C'est soit pervers, soit infantile, soit suicidaire, soit inconséquent, en tout cas irresponsable à l'endroit du peuple qui souffre de la violence libérale et qui attend autre chose qu'un combat de chefs méprisant la populace qui, consciente de ces petits jeux pitoyables et désespérants, tourne massivement le dos à la consultation électorale.

Or cette élection est importante. Si l'on veut l'Europe, qu'on ne peut plus ne plus vouloir, mais qu'on refuse sa formule libérale, alors il faut dire le moindre mal. Non pas l'idéal, l'absolu, le parfait, qui fascinent tant le NPA, mais une autre formule, concrète, réelle, pragmatique, une Europe sociale, antilibérale, dans laquelle le marché ne ferait pas la loi, mais la solidarité et la fraternité, valeurs bien oubliées de la République laminée sous le rouleau compresseur libéral.

Dans cette configuration, le Front de gauche donne la bonne direction. Il réunit le PC, Jean-Luc Mélenchon et les siens, Christian Picquet et, avec lui, les anciens de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) minoritaires dans le NPA et conduits pour ce faire vers la sortie par les anciens trotskistes...

Cette première cristallisation importe : elle dit que la parole est désormais aux électeurs qui peuvent signifier qu'ils en ont assez de la politique politicienne des boutiquiers et qu'ils veulent autre chose : à savoir une large union des gauches initiée par le haut avec le Front de gauche et possiblement confirmée par le bas avec les électeurs.

On ne peut vouloir faire de la politique uniquement avec un mégaphone, ni appeler à la révolution planétaire sans même être capable de présider aux destinées d'un village de campagne. Le mégaphone n'est pas une fin en soi, mais un moyen pour plus et mieux que lui.

 

Commenter cet article

Brigitte Blang 02/10/2015 13:58

Il date d'au moins 6 ans, cet article ! La preuve que le type est légèrement versatile !
Brigitte Blang

Tietie007 28/09/2015 20:33

Onfray vous soutient ? Il passe son temps à défoncer Mélenchon !

http://tietie007.blog4ever.com/michel-onfray-et-les-cageots-de-la-gauche

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