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le blog de brigitte blang

l'actualité politique vue par une militante du parti de gauche.


Nico et Djo-Djo

Publié le 12 Avril 2009, 23:00pm

Catégories : #un peu de ciné - de lecture - de culture

(lu chez Respublica)

La réunion du G20 qui s’est tenue la semaine dernière devait mettre fin, aux dires du président français, à « ce capitalisme se caricaturant lui même ». Le résultat est sans appel: trois micro pays inscrits sur liste noire pour non coopération bancaire, un dollar qui devient officiellement sans contre valeur réelle, des agences de notation qui devront être réformées pour ne plus être juges et partis, cependant que les actifs toxiques dans les bilans des banques devront être évalués à leur valeur d’avant la crise (sic). Avec de telles mesurettes, il y a fort à parier que le gros de la crise est devant nous.
Mais qu’on se rassure : dans cette période difficile, Nicolas Sarkozy n’oublie pas ses amis riches.

Johnny, l’évadé fiscal symbole de la Sarkozye

Au moment même où le président français appelait les puissants de ce monde à moraliser le capitalisme, une information est venue nous éclairer sur ce que pense réellement Sarkozy des paradis fiscaux et de l’évasion fiscale. Johnny, apprend-on, a été « choisi » par l’Elysée pour assurer le concert qui aura lieu dans le soir du 14 juillet. Tout un symbole.
Qui, mieux que Johnny, peut incarner le rêve des révolutionnaires qui le 14 juillet 1789 ont marché sur la prison de la Bastille afin de libérer les prisonniers politiques ? Johnny n’est-il pas lui même un réfugié politique qui a dû s’exiler en Suisse pour ne plus être persécuté par le fisc français ?

Un cachet qui lui n’est pas symbolique

Le budget du concert a été fixé à un million d’euros : gratuit pour les spectateurs, ce show sera gracieusement financé par la République, autrement dit par l’argent de nos impôts. Cette somme couvre le cachet de Johnny, qui s’élève tout de même à 500. 000€ : voilà de quoi amortir l’aller retour entre la Suisse et la France. Si son domicile fiscal était en France, cette soirée ne lui rapporterait que la bagatelle de 250. 000€ de revenus après impôts, grâce au bouclier fiscal. Mais gagner seulement l’équivalent de vingt années de SMIC en une seule soirée, voilà qui doit sembler insupportable à notre chanteur rebelle.

Ce concert n’est d’ailleurs pas isolé

L’entreprise Halliday est bien rodée : à chacun des concerts de Johnny, les communes qui reçoivent le chanteur alignent toujours des subventions mirobolantes. Notre pourfendeur de la fiscalité française est donc un artiste subventionné par le peuple français. Il tire pratiquement tous ses revenus de la France, mais, de la solidarité, il ne veut rien savoir.

Ce qui est le plus révoltant dans cette histoire, c’est que Johnny est un chanteur populaire : une grande partie de son public gagne des salaires modestes et dépense une somme importante pour assister à un concert de l’idole. Or, c’est ce même public qui est le plus touché par la crise. Cela n’empêche pas Johnny de dormir tranquille dans son chalet suisse, puisque le chanteur a choisi de persévérer dans son exil fiscal même si son ami Sarkozy a baissé le bouclier de 60 à 50 %.

Gageons que les révolutionnaires qui, en 1789, rêvaient de justice, de liberté, d’égalité et de fraternité, se retourneront dans leur tombe en entendant, le soir du 14 juillet 2009, Johnny Hallyday allumer le feu.

Nicolas Gavrilenko

 

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