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le blog de brigitte blang

l'actualité politique vue par une militante du parti de gauche.


l'avis de François

Publié le 11 Février 2009, 00:00am

Catégories : #parti de gauche

Nous l'avons déjà dit : le Parti de Gauche est disponible pour débattre sans préalable des conditions que le NPA souhaiterait poser à sa participation au Front de Gauche pour les européennes. Car nous sommes des partisans acharnés du dialogue argumenté. C'est l'unique moyen de rassembler l'autre gauche. Mais c'est surtout la seule méthode qui éclaire le débat public en permettant aux électeurs d'agir en citoyens, c'est-à-dire comme des personnes libres capables de distinguer l'intérêt général par l'exercice de leur raison.

 

Bien sûr il s'agit d'un dialogue et donc d'un débat. Des options différentes existent au sein de l'autre gauche. Aucune de ses composantes n'accepterait de se renier. Nous devons donc échanger des arguments, pas des ultimatums. L'objectif ne peut être de piéger ou forcer la main, mais de construire du consentement par une discussion qui dégage les points d'accord, éclaire les désaccords et les mette à leur place. Si nous voulons dialoguer avec le NPA, c'est donc -si possible- pour aboutir et -au minimum- pour avancer dans la compréhension des positions de chacun.

Est-ce la volonté de tous les dirigeants du NPA ? Les débats de leur Congrès font craindre le contraire. Ce n'est pas là un procès d'intention ni l'impression retirée de la lecture du journal. Ce sentiment naît de l'examen précis des textes et interventions qui peuvent être consultés sur les sites du NPA et de la LCR par tout militant soucieux de comprendre la réalité plutôt que reproduire l'image déformée qui en est construite par les médias.

La position défendant des discussions immédiates pour le Front de Gauche a été rejetée. Y a été préférée le mot d'ordre d'une « unité des anticapitalistes » fondée sur une série de conditions. Certaines d'entre elles ont déjà été évoquées publiquement, comme un accord sur les régionales. D'autres font leur apparition, comme la sortie du nucléaire. Conditionner les européennes à un accord sur les régionales dont on ne connaît ni la date ni le mode de scrutin ne facilite pas les choses. Vouloir traiter en quelques jours la question du nucléaire non plus. Au point qu'on peut se demander si ces conditions ne sont pas pour certains des prétextes pour s'assurer par avance d'un échec.

Ainsi, le représentant de la majorité du NPA, Samuel Joshua, introduit le débat sur les élections européennes en soulignant que « nous savons tous par exemple que sur la question du nucléaire, il y a un gros point de désaccord avec le PCF ». Le lendemain, la sortie du nucléaire fait son apparition parmi les conditions posées au Front de Gauche... Le même déclare : « sur la question de la relation à la liberté de circulation des immigrés en Europe, il y a peut-être, peut-être parce qu'ils ont repoussé cette décision à leur prochain Congrès, un gros point de divergence sinon avec le PG, du moins avec des constituants explicites de ce parti que nous considérons comme étant des chauvins. » Le voilà qui invente un désaccord à venir, même pas avec le PG mais avec des camarades non nommés mais disqualifiés par l'injure ! Imaginez ce que donnerait cette méthode de discussion si nous l'appliquions au NPA, par exemple en présupposant un désaccord sur la question du terrorisme à partir des positions de « certains » de ses éléments. Non, jamais nous ne règlerons nos relations sur ce mode car nous savons que ce sectarisme à front de bœuf n'a d'autre fonction que d'interdire le débat argumenté.

Le NPA peut avoir des raisons plus sérieuses de ne pas vouloir participer au Front de Gauche. Non pas comme le répète paresseusement la presse l'égoïsme d'une organisation qui a pris le melon avec le succès médiatique de son porte parole. Ces raisons ne sont pas personnelles et mesquines, elles sont politiques et respectables. Alain Krivine en a exposé plusieurs en ouvrant le Congrès de la LCR. « Quand des camarades nous disent nous sommes anticapitalistes, nous sommes même pour la révolution mais nous sommes pour la révolution par les élections, nous leur disons on peut faire un bout de chemin ensemble, ça c'est certain, mais on ne fera pas malheureusement, là où vous en êtes aujourd'hui, la révolution avec vous. Parce que la révolution par les élections, on a jamais vu ça. Jusqu'à présent, par définition (...) les élections sont dirigées pas par nous mais par nos adversaires. Les lois électorales, les bourrages de crâne, l'éducation, l'idéologie fait qu'en général les capitalistes se débrouillent pour gagner les élections et ne jamais laisser les révolutionnaires gagner les élections. »

Ce point de vue n'est pas le nôtre. Pour nous il n'existe pas d'autre voie que de convaincre une majorité, contre l'idéologie dominante bien sûr, et c'est pourquoi le Parti de Gauche se définit comme un parti d'éducation populaire. Penser que la révolution ne peut être que l'œuvre d'une minorité ouvre à nos yeux la voie à toutes les dérives. Ayons donc cette discussion sérieuse. Mais n'oublions pas qu'il s'agit surtout de débattre des européennes. Et demandons au NPA si leur rejet du changement par les urnes doit les conduire à refuser toute amélioration du rapport de forces politique sur le terrain électoral dans un moment où notre peuple en a tant besoin.

François Delapierre

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