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le blog de brigitte blang

l'actualité politique vue par une militante du parti de gauche.


dans l'huma-dimanche

Publié le 23 Janvier 2009, 00:01am

Catégories : #ailleurs

Des rapports entre l’Union européenne et Israël

 

Francis Wurtz, eurodéputé

 

Combien de fois, depuis plus de trois longues semaines, nous sommes-nous sentis dramatiquement impuissants face au déluge  de feu déversé par l’armée israélienne sur la population de Gaza ! Et pourtant, les mobilisations qui se sont multipliées sous toutes les formes à travers l’Europe ont fini par faire sortir de leur mutisme complice des forces jusqu’alors scandaleusement complaisantes vis-à-vis de leur « partenaire privilégié ».

Ainsi, au Parlement européen, le débat sur la guerre de Gaza, organisé en séance plénière à la demande notre groupe de la Gauche unitaire européenne (GUE-GVN), s’est conclu le 15 janvier dernier par le vote d’une résolution qui n’est certes pas à la hauteur de nos souhaits, loin de là, mais qu’il faut apprécier, en ayant en vue le fait  qu’elle a été adoptée à la quasi-unanimité des députés de tous les groupes politiques ! Or on y lit, par exemple, que « l’embargo contre Gaza représente une punition collective contraire au droit international humanitaire ». On y rappelle le bilan des victimes et l’étendue des souffrances « de la population civile » ainsi que les destructions « des maisons, des écoles et autre infrastructures civiles majeures, du fait de l’usage de la force par l’armée israélienne ».

La résolution demandait aussi « un cessez-le-feu immédiat et durable », le retrait des troupes israéliennes, la réouverture des points de passage et la levée du blocus de Gaza. Elle appelait Israël à « rempli ses obligations en matière de droit international » et l’Union européenne à « jouer un rôle politique plus déterminé pour mettre fin à ce conflit sur la base d’un accord fondé sur la solution des deux États ». La nécessité d’une réunification de Gaza et de la Cisjordanie y a, en outre, été réaffirmée. Enfin, la récente décision du Parlement européen de reporter, là encore à la demande de notre groupe GUE, son vote concernant le « rehaussement » des relations UE-Israël voulu par les gouvernements européens a été rappelée dans la résolution. On conviendra qu’un tel message, quasiment unanime, émanant d’un Parlement à majorité de droite et composé d’élus de 27 pays  de traditions politiques très diverses, n’est pas anodin.

Même au Conseil (les 27 gouvernements), pourtant présidé par la République tchèque, qui passe pour le plus solide soutien d’Israël, il a été décidé de faire « une pause » dans le processus de renforcement de la coopération avec cet État. Il y a quelques semaines, en réponse à la campagne lancée par notre groupe contre ce processus  de « rehaussement » des relations aussi longtemps qu’Israël ne changera pas de politique vis-à-vis du problème palestinien (position soutenue par une majorité de députés), les dirigeants tchèques avaient encore réaffirmé leur détermination à mener ce processus jusqu’à son terme, et même à le finaliser solennellement lors d’un sommet de chefs d’États au printemps prochain ! Pour le moment, ils ont dû en rabattre.

Entre-temps, un cessez-le-feu très précaire est intervenu sur le terrain. Tous ceux qui ont fait le gros dos durant l’offensive militaire israélienne, voire ont repris à leur compte les arguments des Olmert, Barak ou Livni visant à justifier les crimes de guerre commis par leur armée, vont pouvoir mesurer de leurs propres yeux l’étendue du désastre qu’ils ont cautionné.

Pour notre part, venir en aide au peuple de Gaza sous toutes les formes possibles, je suis d’ailleurs à Gaza en ce moment dans cet esprit.

Ensuite, multiplier les efforts d’information, de sensibilisation et de mobilisation sur les conditions d’une solution juste et durable du problème palestinien. Enfin, relancer des initiatives auprès de tous les gouvernements en faveur de la suspension de l’accord d’association UE-Israël (sur la base de l’article 2 de cet accord exigeant le respect des droits de l’homme par toutes les parties contractantes) ainsi que du gel du processus  de « rehaussement » des relations de coopération. Et ce non pas l’espace d’une « pause », mais tant que ce pays ne se conformera pas au droit international ni n’acceptera la reprise des négociations de paix avec les Palestiniens sur la base des résolutions pertinentes des Nations unies.

(photo PG57)

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