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le blog de brigitte blang

l'actualité politique vue par une militante du parti de gauche.


des nouvelles des voisins

Publié le 23 Janvier 2009, 00:00am

Catégories : #chez nos voisins - nos copains

Dans l’Allemagne en crise, les regards se tournent vers Die Linke

 

Pour l’Allemagne, 2009 est une année hautement électorale : 16 consultations, en cumulant les scrutins à l’échelle communale, régionale, fédérale et européenne. Après avoir semblé échapper à la crise quand ses partenaires européens s’y engouffraient ostensiblement, elle est maintenant frappée de plein fouet. La campagne électorale permettra-t-elle d’effectuer les justes choix économiques ? Du côté des partenaires sociaux, c’est la déception et l’inquiétude.

« Insuffisant ! » Tel est le jugement que porte Jan Jurczyk, porte-parole de VerDi, syndicat allemand du service public, sur le plan de relance annoncé par la chancelière Angela Merkel. Dans les premiers mois, la crise semblait pourtant épargner l’Allemagne. Mais en raison de sa structure économique, cet état de grâce ne pouvait durer. Rudolf Hickel, professeur d’économie à l’université de Brême, indique que « la crise a un double aspect : l’Allemagne a longtemps profité de son agressivité en termes d’exportations ; elle en est maintenant victime. La crise financière n’a pas laissé de côté les banques allemandes, le système bancaire ne fonctionne plus, ce qui a des conséquences sur la production ». Du coup, les indicateurs sont dans le rouge.

 L’Allemagne, championne mondiale des exportations, a désormais un carnet de commandes internationales en berne pour ses voitures, ses machines-outils ou ses produits chimiques – des secteurs jusqu’à présent créateurs d’emplois et de croissance. En décembre, le taux de chômage est reparti à la hausse, passant de 7,1 % à 7,4 %, soit 3,1 millions d’actifs. En 2008, l’économie a progressé de 1,3 %, presque moitié moins qu’en 2007, éloignant le gouvernement de l’objectif annoncé de 1,7 %. A la tête du pays jusqu’en 2005,  « Schroeder et Fischer se sont engouffrés dans la dérégulation et le néolibéralisme. Ce modèle a massivement échoué », analyse Rudolf Hickel. Avec le plan de relance, Merkel ne fait qu’en panser les plaies. « Certaines mesures sont insensées, comme l’aide à l’achat d’une automobile ou la prime exceptionnelle pour les enfants », souligne le chercheur.

Toutefois, il trouve un signe positif dans les mesures d’investissement des infrastructures. Car le modèle allemand fondé sur les exportations a atteint ses limites. Une relance des investissements, de la consommation  et du marché intérieur paraît indispensable.

Un tel plan, reposant sur des mesures hétérogènes, est aussi symptomatique des dissensions en vigueur dans le gouvernement de grande coalition entre les chrétiens-démocrates d’Angéla Merkel (CDU) et les sociaux-démocrates (SPD). « La CSU veut damner le pion à la SPD qui a du mal à se démarquer : elle n’a pas grand-chose à dire en matière économique ! La baisse des impôts est la seule mesure qu’elle porte de manière tonitruante », précise Anne-Marie Le Gloannec, directrice de recherche du Centre d’études et de recherches internationales (CERI).

Sans doute faut-il voir dans les résultats des élections régionales du 18 janvier une première répercussion de cet alignement  du SPD : il n’a obtenu que 23 ,7 % contre 36,7 % il y a un an. Autre raison de cette chute : le Parti social-démocrate a refusé toute alliance régionale avec La Gauche (die Linke) qui a de nouveau atteint 5,4 %. Pourtant la crise amènera sans doute à réfléchir. « Die Linke, déclare la chercheuse, est la plus convaincante des oppositions. Elle est partout : dans les Parlements et dans la rue ». Mais leur marge de manœuvre est encore limitée. En tout cas, pour les multiples élections à venir, ils pourraient s’imposer comme une force politique incontournable. Entre-temps, les sociaux-démocrates sauront-ils s’emparer de la crise pour faire entendre, depuis le gouvernement, des propositions audacieuses de sortie de crise et convaincre ?

 

Fabien Perrier L’Humanité Dimanche

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