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le blog de brigitte blang

l'actualité politique vue par une militante du parti de gauche.


encore des voeux!

Publié le 15 Janvier 2009, 00:00am

Catégories : #parti de gauche

Bonne année quand même

 par François Delapierre


Hélas malgré l’optimisme quasiment obligatoire auquel incite la période des vœux, 2009 s’engage sous de tristes auspices.

D'abord nous avons vécu une succession de drames dans les hôpitaux publics. Une fois de plus la réponse de Sarkozy a été la criminalisation des professionnels mis en cause, et pour certains en garde à vue prolongée. Paroles mielleuses d’un côté sur les mérites d’une profession majoritairement dévouée et efficace, promesses de sanction de l’autre contre de prétendues brebis galeuses. En feignant d’ignorer que n’importe quelle infirmière, dans les conditions de travail auxquels conduisent les choix d’austérité du gouvernement, aurait pu faire de telles erreurs.

Car ces accidents traduisent la tension imposée par le manque croissant de moyens de notre système hospitalier. Ils étaient hélas prévisibles. Lorsque des urgentistes réclament la démission de Bachelot, ce n’est pas une surenchère soudaine. Cela fait plusieurs mois qu’ils attirent vainement son attention sur l’engorgement des hôpitaux et notamment des urgences. Début décembre, un département comme celui de l’Essonne avait vu trois de ses principaux hôpitaux procéder à un « délestage », c’est-à-dire exiger des secours qu’ils se déroutent vers d’autres établissements. Dans tout le pays les exemples abondent de lits de maternité occupés par des malades, de patients dormant dans les couloirs, de salles d’attente démontées pour installer des brancards. Et tout cela sans événement imprévu sur le plan sanitaire. Qu’adviendrait-il si notre pays subissait une épidémie ? La question n’est déjà plus de savoir si la chaîne va craquer, elle est de savoir où et quand elle va le faire. C’est dire l’importance des mobilisations en défense des services publics. C’est dire l’enjeu qu’il y a à expliquer les causes politiques de ces catastrophes malgré les cris de la droite contre la « récupération ».

Puis il y eut le drame atroce de Gaza. À l’heure où ces lignes sont écrites, le gouvernement israélien a annoncé à la fois une trêve dans son opération militaire à Gaza réduite à trois heures par jour et à la seule ville de Gaza City puis que les 12 ministres de son cabinet de sécurité viennent d'approuver l’extension de l’intervention terrestre «plus avant dans les zones peuplées». D’un côté un affichage destiné à apaiser l’opinion internationale qui n’aura pas d’effet sur le terrain (trois heures de trêve à Gaza City ne laissent le temps d’aucune opération humanitaire, elles permettent juste aux habitants de se ruer dehors pour faire la queue devant les boulangeries). De l’autre l’aggravation annoncée du carnage malgré la démonstration sanglante apportée chaque jour qu’il frappe massivement les populations civiles.

Rien ne peut justifier cet abject massacre. Ni les nécessités d’une solution politique au conflit israélo-palestinien, incluant la sécurité d’Israël, qui sera compromise par un nouvel engrenage de vengeance et de haine. Ni les exigences de la paix, menacée dans la région (dès maintenant au Liban) comme dans le monde entier. Ni le droit international qui protège les populations civiles, reconnaît le droit du peuple palestinien à un État, interdit l’usage disproportionné de la force. Et condamne les crimes de guerre commis à Gaza que le blocus du territoire, interdit aux journalistes, ne permet pas encore de connaître dans toute leur étendue.

Ce drame gravissime appelle la mobilisation de tous les partisans de la paix. Il appelle aussi celle des laïques. Car il montre où mène la logique désastreuse du « choc des civilisations ». Nombreux sont ceux, intégristes de tout poil comme intellectuels de la droite américaine, qui ont présenté ce conflit colonial comme une guerre entre deux communautés religieuses inconciliables. Sans ce travail idéologique préalable, une telle escalade de violence aurait été impensable. La guerre se construit d’abord dans les têtes. Car la thèse du choc des civilisations légitime une solidarité automatique avec la « communauté » à laquelle on « appartient » quelles que soient les atteintes chaque jour plus flagrantes aux droits humains auxquels se livrent ses représentants. Elle a assuré le succès des courants les plus rétrogrades, à Gaza avec la victoire électorale du Hamas comme en Israël où le mouvement pacifiste a quasiment disparu au point que la boucherie est menée par un ministre de la Défense travailliste.

C’est pourquoi face à ce conflit nous devons aussi réaffirmer un regard laïque sur les relations politiques et internationales. La laïcité préserve un espace de construction politique de la paix et rend possible la prééminence du droit. Nous devons d’autant plus le rappeler depuis les discours de Sarkozy imposant une lecture religieuse des relations internationales et présentant comme le principal défi de notre diplomatie le risque d’un affrontement entre « l’Occident » et les « pays musulmans ». De tels mots, qui n’avaient jamais été employés par un président de la République Française, sont aussi des fauteurs de guerre.

Si nous voulons une bonne année 2009, il va falloir nous en charger nous-mêmes !

(photo PRS 57)

 

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