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le blog de brigitte blang

l'actualité politique vue par une militante du parti de gauche.


démission

Publié le 14 Décembre 2008, 00:01am

Catégories : #pas content et on le dit!

Un silence coupable sur les dérives de la politique d’immigration

Par Jacky Dahomay, professeur de philosophie (Guadeloupe), membre du Haut conseil à l’intégration.

Une lettre de démission d’un membre du Haut conseil à l’intégration


 

Monsieur le président,

J’ai le regret de vous présenter ma démission du Haut conseil à l’intégration.

Cette institution, qui regroupe des membres d’horizons idéologiques divers et qui est libre en principe dans ses prises de position, ne remplit plus à mon avis la haute fonction qui lui était assignée de réfléchir profondément sur les problèmes relatifs à l’intégration et de faire des propositions au gouvernement. Elle passe maintenant pour une simple caisse d’enregistrement de la politique gouvernementale et intervient très peu dans le débat public bien que de nombreux problèmes relevant de l’intégration ne cessent d’insister dans l’actualité.

Nous nous sommes efforcés, durant ces dernières années, de faire progresser la réflexion sur toutes ces questions et nous pensons que les travaux du HCI ont fait quelque peu avancer les choses, notamment dans la prise de conscience que la République française devrait s’ouvrir à la diversité afin de mieux assumer l’identité citoyenne collective. Avec l’apport de tous ses membres, le résultat des travaux du HCI ne peut être jugé comme étant négatif.

Or, aujourd’hui, je constate que si la nomination de ministres ou de préfets issus comme on dit de l’immigration peut manifester un signe d’ouverture à la diversité composant la France, en revanche, la politique gouvernementale actuelle s’est durcie malheureusement concernant l’immigration, rendant ainsi plus difficile la politique d’intégration.

En outre, le ministre de l’Intégration, de l’Immigration et de l’Identité nationale, malgré ses dénégations, semble renouer avec une conception nationaliste et conservatrice de l’identité nationale qui heurte mes convictions profondes quant à la question de l’intégration.

J’ai mal accepté la création d’un ministère qui prétendrait gérer « l’identité nationale ». Cela rappelle à maints égards certains aspects de la politique poursuivie par le gouvernement de Vichy.

De surcroît, ce ministre s’est même senti autorisé à convoquer à Vichy les ministres de divers gouvernements de la communauté européenne sur toutes ces questions épineuses. Même si une ville et ses habitants ne peuvent être tenus pour responsables du passé, cette décision politique est très symbolique. Elle signifie une fermeture quant à la prise en compte de toutes les mémoires constituant une reconnaissance de la diversité pour mieux affirmer une identité collective plus solide et plus apaisée et en tant qu’Antillais ces questions sont pour moi essentielles. L’enrichissement d’une mémoire publique commune ne peut qu’amener plus d’unité avec la reconnaissance des injustices passées, évitant ainsi le piège du communautarisme et renforçant l’identité républicaine.

Enfin, même si le HCI est indépendant en principe du gouvernement en place, son silence concernant les dérives graves de la politique actuelle en matière d’immigration et d’intégration est à mes yeux inacceptable.

Pour toutes ces raisons donc je ne peux continuer honnêtement d’être membre du Haut conseil à l’intégration.

 

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