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le blog de brigitte blang

l'actualité politique vue par une militante du parti de gauche.


des nouvelles du "PLAN"

Publié le 8 Décembre 2008, 00:00am

Catégories : #europe

Après les banques, sauver les emplois !

 

Francis Wurtz, eurodéputé

 

« Ils ont su trouver l’argent pour sauver les banques. Qu’ils ne viennent pas nous dire qu’il n’y en a pas pour sauver nos emplois ! On n’est pour rien dans cette crise, mais c’est à nous qu’ils veulent la faire payer ! » Qui n’a pas entendu ces interpellations fuser, dans les discussions avec nos concitoyens, à l’adresse des dirigeants français et européens ? Elles ne font que prendre de la force et de l’ampleur à mesure que pleuvent les annonces de suppressions massives de postes de travail – à commencer par toute la filière automobile qui concerne 10 % des salariés du pays ! – de licenciements immédiats de travailleurs intérimaires et des graves menaces pour 2009 qui planent sur l’économie européenne en général.

Mis ainsi sous pression, les responsables européens sentent qu’ils doivent bouger. Et vite ! Dans une vie antérieure – le 14 septembre dernier, autant dire un siècle ! – Jean-Claude Junker, président de l’Eurogroupe, pouvait encore se permettre de claironner, à l’issue d’une réunion de tous les pays de la zone : « Nous avons exclu tout plan de relance européen ! » Il avait même osé ajouter, avec un brin de provocation, qu’après avoir mobilisé près de 2 000 milliards d’euros pour sauver les banques, il n’y avait plus d’argent pour autre chose !

Ce discours est devenu intenable, et pour cause ! Les turpitudes financières qui sont devenues le pain quotidien du capitalisme « moderne » sont désormais connues de tous. Et cette expérience collective est potentiellement explosive. L’exigence de transformations profondes du système lui-même est devenue si forte que ses thuriféraires commencent à craindre de « se trouver confrontés à la grande révolte des classes moyennes », pour reprendre l’expression du lucide « conseiller spécial » du président de la République, M. Guaino. « Ce que je crois, a encore souligné celui-ci dans la presse économique, c’est que, dans les années qui viennent, la pression des opinions risque d’être plus forte que celle des marchés ».

Voilà qui explique l’activisme de Nicolas Sarkozy, le « pragmatisme » de Gordon Brown, ainsi que la conversion de José Manuel Barroso, le président de la Commission européenne, qui est désormais partisan d’un « plan de relance de 200 milliards d’euros ». Certes, l’essentiel de l’effort est délégué… aux États membres – qui n’avaient d’ailleurs pas attendu cette aimable invitation pour prendre des initiatives, tant ils sont, eux aussi, sur des charbons ardents. Mais Bruxelles leur accorde aujourd’hui ce contre quoi les intégristes de l’exécutif communautaire se sont toujours arc-boutés : le gel de fait, pour deux ans, du pacte de stabilité, même si en haut lieu on s’en défend pour ne pas effrayer « les marchés ».

Il s’agit donc à présent de suivre de près le contenu réel et la destination effective de ces crédits ! En effet, aucune directive n’est donnée, ni même aucune recommandation n’est faite aux États de veiller à ce que l’argent mobilisé serve bien  l’emploi et le pouvoir d’achat des Européens. Notre première demande pourrait donc être d’instituer un droit d’intervention des salariés et de leurs représentants dans le suivi concret de la mise en œuvre de ce plan.

Nous pourrions avancer une autre proposition concrète. La Banque européenne d’investissement (BEI), entièrement contrôlée par les États membres, vient d’être chargée  de mettre 15 milliards d’euros de crédits à la disposition des PME, sur deux années. Or, une expérience tentée en 1992-1993 avec la BEI – pour un montant beaucoup plus modeste – s’était effectivement traduite par des créations d’emplois. Comment cela s’était-il passé ?

La BEI avait été exceptionnellement autorisée à financer des baisses de taux d’intérêt pour soulager les PME des charges financières liées au crédit – et ce en fonction du nombre d’emplois créés. Un contrôle accompagnait ce dispositif financier afin de s’assurer  de la création effective de ces emplois. C’est donc possible.

Les économistes communistes, qui avaient suivi cette expérience avec attention, ont pu vérifier la pertinence d’une démarche qu’ils préconisent pour toute la politique du crédit dans l’Union européenne. Notre proposition immédiate pourrait donc être que l’on renouvelle cette expérience aujourd’hui – en l’améliorant encore – avec les 15 milliards énoncés dans le « plan » de M. Barroso. À suivre.

dans l'huma dimanche

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