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le blog de brigitte blang

l'actualité politique vue par une militante du parti de gauche.


lu dans l'huma dimanche

Publié le 5 Décembre 2008, 00:01am

Catégories : #europe

Europe : un espoir à gauche !


Par Francis Wurtz, eurodéputé, président du groupe de la Gauche unitaire-Gauche Verte nordique.

 

Je veux m’arrêter aujourd’hui sur la signification et la portée de cet appel du 24 octobre à l’initiative du Parti communiste, que j’ai évoqué d’un mot à la fin de ma dernière chronique.

Nous sommes confrontés à une crise comme le capitalisme n’en a pas connu depuis 1929. Sans changements portant sur les ressorts mêmes qui sont à l’origine du mal, les conséquences risquent d’être très douloureuses pour les peuples. Et durablement. Voilà pourquoi, en plus des ripostes immédiates à tous les coups (les plans de licenciements, la privatisation de la poste, les suppressions d’emplois dans la fonction publique, la grave dégradation de la situation des hôpitaux et de l’école, le projet fou de départ à la retraite à 70 ans…), il est absolument crucial que s’exprime haut et fort l’exigence de transformations structurelles : le système de l’argent pour le profit et le profit pour l’argent doit être coûte que coûte enrayé. Tout le défi est d’offrir à celles et à ceux qui la ressentent l’occasion de l’exprimer clairement et ensemble.

Malheureusement, il n’y a pas grand-chose à attendre, à cet égard, du Parti socialiste. D’abord, parce qu’il est entièrement absorbé par les graves problèmes qui le secouent. Ensuite et surtout parce que les orientations très majoritairement défendues par ses dirigeants ne vont pas dans ce sens. Le positionnement des uns et des autres sur les enjeux européens est, de ce pont de vue, éclairant. Que lit-on, en effet, dans les motions des deux candidates qui viennent de s’affronter pour occuper le poste de première secrétaire ?

Pour Ségolène Royal, « d’un référendum à l’autre, le rejet qui s’est exprimé chaque fois (…) marque l’échec d’une méthode ». Non ! Il marque le rejet d’une politique ! Faute de le reconnaître, l’ex-avocate du « oui » manque singulièrement de crédibilité dans ses propositions pour « faire avancer l’Europe sociale ». De son côté, Martine Aubry, après avoir dit « partager l’analyse des dérives actuelles de l’Europe libérale et de la nécessité de la réorienter » (clin d’œil aux partisans de Benoit Hamon ?), énonce un vague souhait « que les objectifs de la Banque centrale européenne soient redéfinis » ou que « le droit européen de la concurrence  (soit) adapté », sans expliquer pourquoi elle soutient des traités qui refusent tout pas, même modeste, dans cette voie…

Pendant ce temps, Nicolas Sarkozy sème la confusion dans les esprits en se travestissant sans vergogne en redresseur de torts des ultralibéraux européens ! Il fallait prendre une initiative politique  pour permettre aux différentes sensibilités progressistes qui estiment qu’il est temps de « prendre le taureau par les cornes » pour changer l’Europe de reprendre l’offensive. Surtout aujourd’hui où tout se joue ! On n’est pas d’accord sur tout ? Ce ne doit pas être un obstacle. L’essentiel est de se retrouver autour de quelques axes structurants rompant avec les dispositions des traités que nous avons combattues en 2005 et dessinant une vision alternative de la construction européenne, dans laquelle le plus grand nombre puisse se reconnaître.

C’est dans cet esprit que le PCF a lancé son appel du 24 octobre (très largement approuvé par son conseil national) « aux forces politiques et sociales, aux hommes et aux femmes représentant des courants politiques progressistes, comme au mouvement syndical, social et associatif, dans leur diversité, qui partagent ces objectifs et se reconnaissent dans cette démarche » en vue des élections européennes de juin 2009.

Jean-Luc Mélenchon a rapidement réagi : « Le Parti communiste a donné le signal. Sans cette proposition, chacun était condamné à rester chez soi. (…) Cette proposition (…) a été tout à fait novatrice et audacieuse. J’y réponds. » Du côté de la LCR, si Olivier Besancenot refuse, à ce stade, cette démarche, Christian Piquet, qui anime la minorité de cette formation, a qualifié l’initiative « d’excellente nouvelle », « d’objectif que nous ne pouvons que partager » et « de chance qu’il ne faut à aucun prix laisser passer ». De son côté, le directeur du journal Politis y a vu « un encouragement ». Par ailleurs, des réactions individuelles très significatives de responsables syndicaux, d’intellectuels, de militants progressistes nous parviennent. Un nouveau processus est en marche. Enfin un espoir à gauche !

(photo PRS 57 prise le 14 janvier à Strasbourg)

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