Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

le blog de brigitte blang

l'actualité politique vue par une militante du parti de gauche.


la rochelle, vue de dijon

Publié le 31 Août 2008, 23:12pm

Catégories : #un petit tour chez les socialistes

Notre camarade Alain Piégay, de Forces Militantes, écrivait hier ce qui suit. Nous ne pouvons que l'approuver.

"Ce que rapportent les médias c’est qu’entre l’université d’été de la Rochelle, entièrement consacrée aux manœuvres d’appareil, et la réalité des préoccupations que rencontrent les français le décalage est tel que l’on doit se poser la question : le PS a-t-il pris la mesure de la situation actuelle ? Eh bien disons-le c’est non, les téléspectateurs électeurs sont plus que critiques, ils sont dégoûtés, en prise avec une rentrée scolaire difficile, le pouvoir d’achat en berne, le chômage qui remonte, des difficultés internationales inquiétantes, ils se sentent abandonnés. Le Ps au lieu de les faire rêver a décidé de les faire cauchemarder. Il est normal dans un parti démocratique, que pour un congrès il y ait débats et que les ambitions s'expriment, mais elles ne doivent pas être déconnectées de la réalité. La réalité est que le congrès se doit d’être utile. Il doit permettre de s'opposer à la droite et être sans complexe par rapport à notre gauche. Les erreurs des congrès de Dijon qui avait fait l'impasse sur le 21 avril 2002, du Mans il avait fait l'impasse sur le rejet de l'Europe libérale par les Français six mois plus tôt, n'ont servi à rien. Il en sera de même de Reims si le PS oublie qu'il y a un an, un candidat de droite a été élu dans un pays qui venait de connaître le non au Traité européen, le non au CPE, et les manifestations contre les retraites Raffarin. La réalité d'aujourd'hui est terrible : l'ensemble de la social-démocratie européenne subit une crise inégalée, Nicolas Sarkozy a réussi la jonction de toutes les droites françaises, depuis 20 ans le PS n'a pas gagné une présidentielle, 10 ans les législatives. Pourquoi ? Parce que depuis 20 ans, nous n'avons plus de vision sociale, mais des programmes avec des mesures techniques, parfois excellentes, mais qui ne font pas un projet global. En face, le camp libéral, lui, a un projet : démolir la société, le modèle social français, imposer le néolibéralisme. François Fillon a dit « nous avons gagné la bataille idéologique », et le drame, c'est que la direction actuelle du PS est d'accord avec lui c’est un comble. Dans ce champ de ruines, il est temps de reconstruire une gauche décomplexée, une opposition de gauche à Sarkozy et pas un sarkozysme de gauche. Le PS ne doit pas renoncer à être de nouveau majoritaire chez les ouvriers, chez les enseignants, chez les jeunes, chez les petits retraités, chez les travailleurs pauvres, chez les familles monoparentales. Pour le PS la question est de savoir s’il est capable d'être à la hauteur pour présenter une offre politique alternative au libéralisme et pas un socialisme libéral, sortir du mélange chèvre-chou, de refuser le triangle des Bermudes du PS : sondage-image-naufrage, de dire non à la peoplisation, non à la personnalisation, non à la présidentialisation. Il doit récuser toute alliance avec le Modem, sortir absolument des calculs arithmétiques qui cachent toujours des renoncements politiques. La gauche doit être majoritaire chez les classes moyennes et populaires. Si le PS renonce à tout cela il se saborde ! Le congrès doit confirmer la ligne de gauche, refuser l'immobilisme, le libéralisme, pour cela la seule motion claire très claire pour les militants c'est la ligne de gauche. N’oublions pas les élections, les électeurs se prononceront d'eux-mêmes aux européennes, régionales et présidentielles Le PS gagnera à nouveau s’il est à gauche sinon il perdra. C’est alors que les pôles sur notre gauche progresseront au profit de la droite. Le porte parole de l’UMP pourra continuer à se gausser comme il vient de le faire en déclarant samedi « A l'université d'été de La Rochelle, le PS hésite entre la pièce de boulevard et la comédie dramatique. Décidément au PS on n’a toujours pas compris ce qu'attendent les Français ! ». Pour alimenter le triste feu d’artifice, le très libéral Moscovici, adepte de la social-démocratie européenne partisan d’un sarkozysme de gauche, premier soutien de Sarkozy pour le vote du TCE à Versailles, tire une dernière salve. Décidément le PS va mal, il dérive dangereusement vers une option démocrate libérale. Disons haut et fort aux militants que Reims sera l’occasion de la rejeter. "


Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
J
Ce qui permet à Fillon de dire et d'avoir raison, d'ailleurs! "Trois jours de débats et pas une seule proposition" Comme vous disiez ici il y a deux jours: le bal des cocus (et même le bal des faux-culs)
Répondre
F
Brigitte pour l'écrire je me suis inspiré d'une interview de Guillaume Bachelay conseiller général de Seine-Maritime, membre du bureau national du PS. Parue dans 20 minutes.fr. Alain
Répondre

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents