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le blog de brigitte blang

l'actualité politique vue par une militante du parti de gauche.


réinventer la gauche, 7

Publié le 28 Juin 2008, 23:12pm

Catégories : #un petit tour chez les socialistes

 



7- Nouons nos alliances à gauche seulement et sans exclusive  

Lors de notre dernier Congrès du Mans, nous avons été accusés de mener un odieux procès d’intention parce que nous avons demandé au Parti de préciser que sa stratégie restait celle de l’union de la gauche et excluait tout accord avec la droite ou le « centre ». A la demande des deux motions minoritaires, l’engagement de refuser toute alliance avec la droite ou le centre avait néanmoins été ajouté dans le texte de synthèse final. Depuis nous savons que notre candidate à la présidentielle s’est vantée d’avoir été jusque sous les fenêtres de Bayrou pour lui proposer d’être Premier Ministre. Au congrès du Mans notre proposition pour la ligne « d’alliance à gauche sans exclusive » avait été refusée. Ceux-là même qui l’ont écartée ont fini dans les alliances sans principes et à la carte aux dernières municipales, ici avec les centristes et la droite, là avec Lutte Ouvrière, voire les deux en même temps !

Il existe dans notre parti une pente pour rechercher une alliance avec des  secteurs de la droite. Elle s’exprime de tant de façons ! 20% des membres du gouvernement Sarkozy sont issus du PS, certains d’entre eux venant du premier cercle comme le ministre des affaires européennes. Nombre d’autres ont paru donner assez de garanties pour être approchés personnellement par le nouveau président de droite. Ce n’est pas une exception française. C’est une tendance lourde dans toute la social-démocratie. En Europe les sociaux-démocrates gouvernent avec la droite dans plusieurs pays, notamment en Allemagne et en Hollande. Cette stratégie se poursuit dans le Parlement Européen, cogéré par le PSE et le PPE (parti populaire européen dont est membre l’UMP). Ainsi, le président socialiste du Parlement Européen a cédé sa place à mi-mandat à un conservateur, élu avec les voix de la majorité des sociaux-démocrates européens, dans le cadre d’un arrangement qui n’avait jamais été annoncé aux électeurs.

Souvent, les sociaux-démocrates refusent l’alliance à gauche. C’est le cas par exemple en Allemagne ou en Italie. En Allemagne, l’opposition de la direction du SPD à tout accord avec Die Linke l’a conduit à renoncer à gouverner des régions où la gauche est majoritaire et à les laisser à la droite. Menée à son terme en Italie, cette ligne sectaire a conduit à l’anéantissement de la gauche. Aux dernières élections, le Parti démocrate de Veltroni a fini 10 points derrière Berlusconi. Pourtant celui-ci dirigeait une alliance nauséabonde mêlant xénophobes de la Ligue du Nord et postfascistes d’Alliance nationale qui ont même remporté la mairie de Rome. La preuve est faite à nouveau que la dérive vers le centre provoque une division organisée de la gauche en deux blocs inconciliables qui condamne pour finir toute la gauche à l’impuissance dans la société et à la défaite dans les élections.


faire le choix clair de l’union des gauches sans exclusive

En France, l’autre gauche, dans sa diversité, a enregistré dans plusieurs villes des percées notables aux élections locales. Un phénomène inquiétant s’est produit au second tour. Lorsqu’elles se maintenaient contre les listes socialistes arrivées en tête au premier tour, beaucoup de ces listes de l’autre gauche, loin d’être sanctionnées comme dans le passé, ont progressé. C’est un événement majeur. Ce n’est pas un fait local mais une réalité nationale. Il ne sert à rien d’en faire porter la responsabilité seulement à l’autre gauche. C’est aussi devant notre porte qu’il faut balayer. L’attachement du PS à l’Union de la gauche dans les années 70 avait fait prévaloir dans l’électorat de gauche l’impératif de l’unité. Ce cycle est désormais clos. Le PS n’est plus perçu comme le parti de l’union. Il paye désormais le prix de ses gesticulations en direction du centre.

Dès lors il faut choisir. On ne peut pas tenir deux lignes en même temps. Ceux qui vendent une coalition arc-en-ciel « de Bayrou à Besancenot » sont des bonimenteurs. Un tel regroupement n’aurait aucune cohérence politique gouvernementale, aucune crédibilité, aucune capacité d’entraîner la société. Les habiletés n’y changeront rien : entre rassemblement de la gauche sans exclusive et alliance avec le centre, il faut choisir. Ceux qui ne veulent pas le faire espèrent en réalité que les faits qu’ils auront soigneusement préparés « choisiront pour nous » l’alliance au centre. La stratégie qui consiste à essayer de siphonner l’espace électoral de l’autre gauche avec le chantage au vote utile tout en rapprochant programmes et discours vers le centre prépare la mise en scène de ce « basculement inéluctable ». C’est un leurre mortel. Il ouvre une brèche qui conduit tout droit à la division frontale de la gauche et au déversement des électeurs sociaux-démocrates dans le marais centriste. Ceux-ci composaient déjà le tiers des électeurs de François Bayrou à la dernière présidentielle. Pendant ce temps, presque toute la gauche se regroupait autour de la candidate socialiste en dépit de son discours. Le « centre » réalisait une percée sans précédent, le total de gauche atteignait un niveau historiquement bas. La double inefficacité électorale des sociaux-démocrates de notre parti est ainsi prouvée : incapables de retenir les électeurs proches d’eux, incapable de dynamiser la gauche.

Le congrès doit trancher. Il faut tourner sans ambiguïtés ni ruses la page de la tentation centriste et droitière. L’option doit être celle de l’union des gauches sans exclusive et d’un programme partagé pour la rassembler.


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F
La contribution de Jean Luc est très bonne, très socialiste. J'ai signé Dolez car ce qu'il explique me convient encore mieux. Sachons rester ce que nous aurions toujours du être des disciples de Jaurès et de Blum en un mot des socialistes et non pas des libéraux. Nous  perdons pas parce que nous sommes trop socialistes, nous perdons parce que nous créons la confusions des genres et faisons des alliances contre nature qui font que notre électorat salariés se détourne et juge à juste titre que nous avons apporté les mêmes réponses que la droite lorsque nous étions au pouvoir, avec les mêmes conséquences désastreuses pour les salariés en parti culier sur : la protection sociale le système des retraites le droit du travail…
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B
Oui, Érasme, sauf qu'ici, on n'est pas sur le site de Trait d'Union, mais sur un site ami, HORS PARTI, et donc libre de citer qui il veut, comme il veut, quand il veut, et d'ailleurs, la preuve, on est aussi copains avec Filoche et Dolez. Les autres n'ont pas vraiment besoin de notre soutien! C'est LA différence de taille avec vous qui êtes des socialistes seulement. On est d'accord? (ce qui ne nous empêche pas de nous trouver plein d'affinités avec Emmanuelli, Hamon et tous leurs petits camarades de jeu, ceux de Moselle tout particulièrement, même s'ils nous snobent en oubliant de mettre notre site en lien!!! alors qu'il est sur le vôtre... Ralala les arcanes de la politique, c'est duraille, comme dirait machin!)
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E
La section Metz nord a mis en ligne toutes les contributions générales qu'elle a pu identifier. Si l'envie vous prends d'en signer une qui ne soit pas mélanchonesque :-))http://www.ps-metz.org/index.php?2008/06/30/745-congres-2008-les-premieres-contributions
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