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le blog de brigitte blang

l'actualité politique vue par une militante du parti de gauche.


on va le dire à Coffe!

Publié le 25 Juin 2008, 23:00pm

Catégories : #ailleurs

Bruxelles donne son feu vert au poulet chloré...

De notre correspondant à Bruxelles, Pierre Avril
( Dans les abattoirs des États-Unis, une fois plumé et prédécoupé, le poulet est plongé dans une solution associant plusieurs éléments entrant dans la composition de l'eau de Javel, afin d'éliminer les éventuelles bactéries pathogènes.)

Plusieurs États membres, dont la France, pourraient toutefois bloquer la décision de la Commission d'importer cette volaille des États-Unis.

Banni depuis onze ans, le poulet américain trempé dans l'eau de Javel pourrait bientôt refaire son apparition dans l'assiette du consommateur européen. C'est la perspective qu'a tracée mercredi la Commission de Bruxelles en autorisant l'importation de volailles d'outre-Atlantique qui, afin d'être débarrassées de leurs microbes, sont trempées dans une solution associant plusieurs éléments entrant dans la composition du célèbre détergent. Une fois plumée et vidée et prédécoupée, la volaille est introduite dans une sorte de machine à laver d'où elle est censée ressortir, décontaminée. «Les opinions scientifiques ont démontré qu'il n'y a pas de risque immédiat pour la santé», a déclaré mercredi la Commission européenne, sous la bronca des eurodéputés, unanimes dans leur opposition. Un parlementaire grec, Dimitrios Papadimoulis, a dénoncé «un crime contre la santé des citoyens».

La «promesse» d'une levée de l'embargo sur le poulet chloré américain sujet récurrent de contentieux entre Bruxelles et Washington  avait déjà été évoquée le 13 mai par le commissaire européen à l'Industrie, Günter Verheugen, soucieux de renforcer les liens commerciaux transatlantiques. Côté scientifique, les avis sont partagés. Selon une étude réalisée par une association de consommateurs américains (Consumer Reports), le traitement antimicrobien pratiqué par les abattoirs américains n'aurait pas permis de réduire la présence de salmonelle et de campylobacter, cause d'infections diarrhéiques.

En revanche, l'Agence européenne de sécurité des aliments (Efsa) affirme n'avoir pas détecté de «problème» sanitaire, ni détecté de cas de résistance antimicrobienne. L'Efsa reste néanmoins prudente : les tests ont été réalisés in vitro et non in situ. En outre, l'Agence se dit «incapable» de prouver que le recours aux acides peroxydés  l'une des quatre substances utilisées dans la décontamination du poulet garantit l'éradication où la réduction des bactéries. S'agissant du goût, affirme un expert vétérinaire, le procédé de décontamination est tellement rapide (quinze secondes) que le consommateur n'y verrait que du feu ! L'opposition au retour du poulet chloré est donc essentiellement politique.

Emmenés par la France, une vingtaine d'États membres critiquent la décision communautaire. Ils pourraient de facto la bloquer. «Les Américains peuvent avoir le modèle alimentaire qu'ils veulent, on n'est pas obligés de le transférer en Europe», a déclaré le ministre français de l'Agriculture, Michel Barnier.

Une évaluation au bout de deux ans

Plusieurs capitales craignent également que la méthode américaine supplante progressivement les règlements sanitaires européens. Ces derniers prévoient un contrôle minutieux de l'élevage, de la surveillance journalière des poussins aux contrôles qualité réalisés à la sortie de l'abattoir. «Les Américains compensent l'insuffisance de leurs contrôles d'hygiène tout au long de la chaîne par cette opération radicale qu'est le chlorage», explique un vétérinaire. La fédération avicole française s'est inquiétée mercredi de possibles «distorsions de concurrence».

Pour parer à ces critiques, la Commission a prévu une évaluation au bout de deux ans. Le recours aux solutions chlorées sera «optionnel», ajoute-t-elle, et concernera, non point des morceaux de la bête, mais des carcasses entières. Les consommateurs en seront informés grâce à l'introduction d'un étiquetage adapté. Enfin, les quatre substances de décontamination (dioxyde de chlore, chlorure de sodium acidifié, phosphate trisodique, acides peroxydés) ne pourront pas être mélangées. «S'il y a des dangers, nous prendrons des mesures immédiates», a conclu un expert. Selon l'industrie avicole, 300 000 tonnes de poulet chloré seraient prêtes à être exportées dans l'UE. ( http://www.lefigaro.fr/sciences/ )

 

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