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le blog de brigitte blang

l'actualité politique vue par une militante du parti de gauche.


les fleurets sont mouchetés, à présent

Publié le 6 Juin 2008, 23:00pm

Catégories : #un petit tour chez les socialistes

Je t'aime, moi non plus !


  On nage vraiment en plein délire !

Ségolène Royal qui avait contourné le PS pour s'imposer aux militants a compris depuis longtemps que pour gagner les présidentielles, il fallait être un leader incontesté et au minimum diriger le PS, d'où sa volonté avant tout débat de préempter la place de Premier secrétaire.
Bertrand Delanoë qui a brillamment gagné les élections municipales à Paris sans la moindre ouverture au Centre s'est senti pousser des ailes et connaissant bien les arcanes du PS de 1981 à 1985 sait que tenir la barre est indispensable pour avoir une chance de gagner les présidentielles et n'entend donc pas laisser Ségolène prendre un temps d'avance en ce domaine.

Comprenant très vite que les militants ressentiraient comme dévastatrice la course de nos deux sémillants quinquagénaires, Julien Dray, Manuel Valls -- je ne citerai pas ceux qui n'ont pas osé franchir le pas -- développent la thèse qu'afin de ne pas s'user les présidentiables ne doivent se dévoiler que dans la dernière ligne droite et partant laisser la place à des dirigeants consciencieux et sans ambition démesurée pour le poste de Premier secrétaire.

Reprenant cette thèse qui n'a rien de mitterrandiste, Laurent Fabius d'une part et Dominique Strauss-Kahn d'autre part, souhaitant ménager leurs chances d'être désigné pour 2012, amènent respectivement Claude Bartolone et Pierre Moscovici à postuler eux aussi au poste de Premier secrétaire.

Mais voilà que Martine Aubry qui elle aussi a brillamment gagné les élections municipales à Lille se sent-elle aussi pousser des ailes pour manifestement postuler comme Premier secrétaire. Pour l'instant... Et demain ?

 Quant au débat sur les idées, on reste pour le moment assez pantois !
Bertrand Delanoë croyant ouvrir un grand débat vante le libéralisme, le libéralisme politique bien entendu, et contribue à jeter le trouble alors que les militants souhaitent y voir clair.

Ségolène Royal croyant avoir trouvé le moyen de le stopper net clame que le socialisme est incompatible avec le libéralisme, comme si le socialisme n'avait pas repris depuis toujours à son compte le libéralisme politique !

Martine Aubry croyant à une double faute de leur part déclame qu'il suffit d'être solidaire, de faire de la politique (sic), et, fort justement, qu'il faut ouvrir des perspectives pour tous et non se mettre à la remorque de chacun.

Julien Dray et Manuel Valls insistent sur le changement de génération comme condition sine qua non de victoire.

Claude Bartolone se tait et Pierre Moscovici indique qu'il est « européen, réformiste, et pour la transformation sociale ».

Et craignant d'être oublié, François Hollande publie dans le monde une tribune intitulée « 10 bonnes questions pour un congrès réussi » mais ne semble pas se soucier de savoir s'il apporte 10 bonnes réponses !

 François Mitterrand doit en rire sous cape !
 « Européen » ? Mais quel socialiste n'est-il pas européen depuis toujours ? Et même pour une Europe politique et sociale ?

La simple question qui se pose est de savoir -- elle ne s'adresse pas à Claude Bartolone ni à Laurent Fabius puisqu'ils avaient appelé à voter contre le projet de Constitution européenne -- si ces camarades sont aujourd'hui pour un grand emprunt européen pour financer une politique de recherche à haut niveau et de grands travaux porteurs d'emplois, pour l'assouplissement des critères de Maastricht afin de sortir de la crise économique et financière à laquelle est confronté la totalité des États, pour l'intégration dans les missions de la Banque centrale européenne d'œuvrer à un haut niveau de l'emploi en Europe, pour l'élaboration de critères de convergences sociaux et fiscaux, pour une politique d'harmonisation du droit du travail selon un calendrier à élaborer, etc.

  « Réformiste » ? Mais quel socialiste n'est-il pas réformiste depuis 1920 ? Que ce soit un réformisme de gauche, un réformisme radical, ou en réformisme tout court ?

La simple question qui se pose est de savoir si ces camarades considèrent que la réforme est par nature bornée par les grands équilibres budgétaires, sociaux, économiques du moment, et les conceptions intellectuelles nourries de l'air du temps justifiant que le maintien du taux de profit des intérêts particuliers transcende l'intérêt général, justifiant que les moyens de production soient orientés du point de vue du marché et non du point de vue de la satisfaction des besoins, justifiant que les acquis sociaux en termes de santé, d'éducation, d'emploi, et de retraite soient un à un remis en cause au gré d'une alternance droitière sans qu'au cours de l'alternance suivante initiée par la gauche, les pendules ne soient remises à l'heure, désarmant un peu plus les travailleurs. Il est tout de même curieux alors que l'épargne française atteint depuis de nombreuses années un taux tout à fait considérable, elle ne soit pas sollicitée par un gouvernement de gauche pour relancer une économie de la demande.

 « Pour la transformation sociale » ? Mais quel socialiste après avoir milité depuis 1971 pour « la rupture » ne serait pas pour une transformation sociale ?
La simple question qui se pose est de savoir si ces camarades entendent toujours partir du point de vue de l'économie française et européenne dans la mondialisation, « être fort dans la mondialisation » dit François Hollande, ou s'ils veulent bien considérer qu'il serait souhaitable enfin de partir du point de vue des travailleurs français, européens et mondiaux dans un internationalisme renouvelé. Il est tout de même curieux à l'heure où il est plus que jamais possible de se connecter à n'importe quel bout du monde à n'importe quelle heure du jour de la nuit, que des socialistes n'envisagent la politique, non des travailleurs mais de la France, qu'à l'aune des frontières hexagonales, ou parfois de l'Europe, mais vécue comme une forteresse dans la mondialisation !

 
Et pour l'heure, la gauche du PS reste éclatée !
Certes, dans l'esprit de ce que j'avais proposé avant les élections municipales au NPS animé par Benoît Hamon et Henri Emmanuelli -- courant auquel j'appartiens depuis le congrès de Dijon -- une volonté de proposer l'écriture collective d'une contribution privilégiant l'analyse politique et les propositions fondamentales en vue de renouer avec le socialisme s'exprime par l'Internet et au travers de rassemblements régionaux, mais dans le même moment nous restons sourds aux appels de Jean-Luc Mélenchon et de ses amis pour « un rassemblement de la gauche du parti » tandis que Gérard Filoche se désespère pour sa part de ne pas avoir reçu de réponse aux nombreux appels qu'il lui a lancés au cours de ces derniers mois, et que Benoît Hamon déclare dans la presse que « pour avoir une chance crédible d'empêcher les déchirures (au sein du PS.NDLR), il faut que la gauche du PS soit en capacité de se dépasser », en s'alliant « avec tous ceux qui veulent porter une alternative politique » et « construire une nouvelle majorité ».
 

Je t'aime, moi non plus ?
Plus sérieusement, il serait inconcevable que la gauche du PS ne se retrouve pas tant les enjeux qui sont devant nous sont cruciaux non seulement du point de vue de la politique à mettre en œuvre en vue des prochaines échéances mais surtout du point de vue de la pérennité du PS, condition sine qua non à un changement de majorité politique, prélude on peut l'espérer à un changement profond de politique à mettre en œuvre ensuite.

Cela étant, il faut être réaliste, et le rassemblement de la gauche du PS ne suffira pas à elle toute seule à gagner la majorité au prochain congrès et focalisera contre elle si nécessaire un conglomérat hétéroclite des ambitions les plus contradictoires des principaux animateurs, ennemis aujourd'hui mes alliés demain, pour éviter qu'un second « Nouveau monde » puisse venir menacer le quartier général de toutes les combinaisons.

C'est pourquoi, plutôt que de risquer d'ajouter à la division par une contribution dont j'avais déjà préparé l'essentiel tant l'impatience me dévorait d'en découdre par le débat avec les conservateurs et les faux naïfs du PS, je préfère comme je l'ai déjà indiqué m'intégrer dans un processus constituant sous la forme d'une contribution collective à écrire publiquement tel que le propose le NPS, indépendamment du fait que j'en avais déjà proposé l'esprit.


Mais imaginer, que si toutes les composantes de la gauche ne s'engagent pas ensemble pour se dépasser ensemble pour pouvoir porter avec d'autres une alternative politique, il soit quand même possible de construire avec d'autres une alternative politique, la désillusion sera cruelle.

Aussi, je crois que nous n'avons pas d'autres choix que de chercher à nous unir après avoir élaboré ensemble les points fondamentaux que nous voulons voir figurer après demain dans une motion et demain dans une contribution nationale.

 
Vincent Assante.


 

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