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le blog de brigitte blang

l'actualité politique vue par une militante du parti de gauche.


debout là-dedans!

Publié le 28 Mai 2008, 23:00pm

Catégories : #prs57

Lettre à un gars qui se lève tôt

Il y a des jours, comme ça, on rêverait d’avoir balancé son radio-réveil par la fenêtre avant de se coucher. Déjà, avant de commencer la journée, aux petites aurores, on t’annonce que le président est allé faire ses courses, avec sa chérie. Comme tout le monde, donc. Sauf que par chez nous, quand on va au marché, on n’emporte pas avec nous la presse locale et les photographes mondains. Mais bon, chacun ses manies, si ça vous fait plaisir de vous balader dans les travées du « plus grand marché de France » avec tout ce que les journaux comptent de plumes acérées (acérées, vraiment ??? quand on les a entendues, tout de suite après, les plumes acérées, vous recevoir sur une radio tellement périphérique qu’elle s’appelle comme un pays étranger, vous recevoir avec des questions tellement dures qu’on se serait cru à un jeu télé, oui, les plumes acérées, elles vous sont bien douces, ces jours-ci…  ) c’est votre affaire, pas vrai ? En attendant, M. le Président, c’est bien aimable à vous d’être si près du bon populo, pote avec la France qui se lève tôt. C’est qui donc, monsieur le Président, la France qui se lève tôt ? C’était vous ce matin. Fatalement, pour être à 5 heures à Rungis, fallait bien compter sortir des plumes à 3 heures. Veinard, va ! Voir le soleil se lever sur les toits de Paris, et la lumière qui va avec, trop de chance ! Vous en avez profité pour nous refaire le coup du gars sympa, qui cause avec sa femme comme tout le monde. D’autant que c’est tout à fait son style, à Carla, le petit noir en coin de zinc, et le calendos qui va bien. Vous en avez profité aussi, comme ça, en douce, pour glisser LA petite phrase qui fait mouche : « Je préfère la France qui se lève tôt à celle qui brûle les abribus, et à celle qui demande des subventions. »   et sous-entendu tous ceux qui sont trop feignasses pour accepter n’importe quoi comme boulot. Ben voyons ! Ça ne mange pas de pain, c’est jeté comme ça mine de rien, mais ça ne tombe pas dans l’oreille d’un sourd, LA petite phrase qui divise, celle qui blâme, celle qui stigmatise. Comme ça, juste en passant, M. le Président, depuis combien de temps on n’a pas brûlé d’abribus, en France ? Vous vous souvenez ? Oui, vous y êtes, les « émeutes » des quartiers « sensibles ». Et vous vous souvenez aussi qui était ministre des policiers en ce temps pas si lointain ? Alors, oui, sûrement, il y a des voyous, et il faut les corriger. Mais si vous cherchez bien, il y en a aussi parmi vos bons amis, de ceux qui ne brûlent pas d’abribus, mais qui foutent au chômage des types qui eux, du coup, aimeraient bien continuer à se lever tôt… De ceux dont les salaires sont augmentés de 58 %, encore qu'à ce niveau, m'étonnerait qu'on puisse encore parler de salaires...  Nous aussi, on est la France qui se lève tôt, et même sans caméras. Tous les matins, on sort de dessous la couette pour aller faire tourner la machine, la grosse machine, sauf les jours où on est tellement fâchés qu’on se lève tôt, oui, mais juste pour aller défiler dans les rues, avec nos jolis fanions et nos trompettes et nos sifflets qui voudraient bien sonner la fin de la récré pour vous et vos amis. Enfin, à ce qu’on croit, parce que pour nous entendre, ma parole, vous ne vous êtes pas levé assez tôt ces derniers temps…

Il y a aussi un autre truc qui me titille, M. le Président. Depuis quelques jours, on a une jolie palme toute neuve, venue de Cannes pour un gars tout ce qu’il y a de bien, Laurent Cantet, qui passe son temps avec sa caméra à filmer des gens comme vous et moi. Euh non, en vrai, pas comme vous, comme nous, plutôt ! Ce type a fait quelques films très regardables, sur le monde du travail et les rapports humains que cette foutue machine génère. On vous expliquera ça une autre fois, vous verrez, c’est très différent de ce que joue votre ami Clavier. Vous allez être un brin étonné de ce qu’on peut raconter avec une caméra et trois francs six sous. Mais ce n’est pas de ça que je voulais vous parler. Depuis tout à l’heure, on a appris que la maman d’un des héros du film en question, elle allait être régularisée. Magique, comme qui dirait ! Un peu comme le petit gars qui a plongé l’autre jour pour rattraper une brave dame qui se noyait. Régularisé aussi, le cousin ! Dîtes, M. le Président, vous qui aimez la France qui se lève tôt, vous devez les aimer beaucoup, les parents de ceux-là, qui se lèvent tellement tôt pour échapper à vos archers, quand ils viennent les déloger… Avis à tous les sans-papiers d’ici et d’ailleurs, si tu veux avoir un passeport, il y a moyen, à présent : soit tu joues dans un super film, un truc suffisamment costaud quand même pour ramasser des prix, comme « Indigènes » il y a deux ans, ou « Entre les Murs » ce coup-ci. Ça, ça marche du feu de Dieu. Ou alors, tu te postes sur les berges de la Seine, et tu attends que quelqu’un tombe. Ça doit être assez fréquent, non ? Avec tous ces gens qui brûlent les abribus, et qui demandent des aides, il doit avoir recrudescence de désespérés. Suffit d’être un peu patient. La France reconnaissante va se montrer bonne fille et avec un peu de chances, avec le passeport, y aura la breloque qui va bien. Pour faire joli sur le bleu de chauffe. Voilà voilà, c’est pas tout ça, mais demain, y a école, et je me lève tôt… 


  PS: disons-le tout de même, la petite info dont personne n'a parlé, même pas le petit journal de Canal, à Rungis, il y avait un comité d'accueil, des militants CGT, qui avaient déployé les banderoles pour demander la régularisation de ceux qui bossent au black, dans ce si beau marché - mais si, il y en a, on vous le dit - , on te les a fait dégager vite fait, les râleurs, eh faut pas gâcher la photo de mode, non plus. Et puis quoi, ces gars-là, ils n'ont qu'à avoir un gamin qui fait du cinéma. Ça aide.

brigitte blang

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B
réponse à madame Mazet<br /> D’abord,<br /> « l’amie Brigitte », elle n’est pour rien dans la misère de l’école<br /> primaire, puisqu’elle intervient au collège, c’est bête, non ? Mais<br /> elle sait bien que ceux qui se relaient en amont ont tous l’âme<br /> chevillée au corps et font de foutus miracles avec leurs moyens en peau<br /> de chagrin. Ensuite, elle essaie de faire au mieux, elle aussi, avec<br /> les petits qu’on lui livre, tout chaud du CM2.<br /> Et<br /> puis, elle sait très bien que les années Mitterrand n’ont pas été<br /> jonchées de pétales de roses tous les jours, même que c’est pour ça<br /> qu’elle milite encore et toujours, ici et maintenant, si on préfère...<br /> Mais elle sait aussi qu’en dépit des fâcheux, la gauche ce sera<br /> toujours mieux que la droite, qu’elle préfèrera toujours un Jack Lang<br /> (mais si !) à l’éducation nationale qu’un Darcos, que les coudées<br /> étaient plus franches « en ce temps-là », qu’on pouvait travailler<br /> autrement sans tracasseries excessives, et que lorsque vraiment le<br /> ministre « socialiste » attigeait trop, on le faisait savoir, et<br /> c’était pris en compte, qu’on se souvienne du malheureux épisode<br /> Allègre ; aujourd’hui, c’est un tout petit peu une autre chanson.<br /> Mais<br /> que « l’ami Lariflette » (ou p’tét bien Larirette-larirè-ète !) se<br /> rassure, droite ou gauche aux manettes, la petite prof de cambrousse a<br /> toujours eu à cœur de boucler ses programmes tout en baladant les chers<br /> petits, en leur montrant leur si beau pays, en leur apprenant, à<br /> travers les vitres du TGV et des bus parisiens l’histoire de leur<br /> capitale, et ses hoquets aussi, et ses révoltes, et même dis donc, ses<br /> révolutions. Et tant pis si ce n’est pas correct. Chaque matin, elle<br /> part au collège l’enthousiasme vissé au cartable, et tous les soirs en<br /> rentrant, elle se dit qu’elle aurait peut-être dû traiter ça comme ci<br /> plutôt que comme ça. Précisions, pour la remise en question...<br /> Bientôt<br /> on fera sans elle, et ce sera très bien aussi. Mais jamais personne ne<br /> me fera taire. Sarkozy représente tout ce qui me révulse. Le degré zéro<br /> de la politique et de la culture. Alors, je le dis. Plus ou moins bien.<br /> Je ne suis pas écrivain. Mais je le dis, et le dirai aussi longtemps<br /> que mes doigts pourront taper sur un clavier ou griffonner un morceau<br /> de papier... ou de mur. Ça s’appelle simplement y croire.
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M
Mon amie BRIGITTE FERAIT MIEUX DE FAIRE EN SORTE QUE NOS CHARMANTS<br /> BAMBINS RENTRENT EN 6 EME EN SACHANT LIRE ! de toute évidence vous ne<br /> vous remettez pas en question,ben voyons !!!!!vous détenez la vérité<br /> ,bien sûr !!!!! Vous ne dites pas ,au cours de votre monologue,qu’il y<br /> a eu plus de nationalisation quand votre gentille gauche était au<br /> pouvoir ......ma grande entreprise ,c’est Mr Paul Quilès qui l’a mise à<br /> genoux alors qu’on avait viré Mr gérard longuet qui voulait faire la<br /> même chose !!!!!!!!!!!!!vos oeillères ,vous pouvez les retirer et vous<br /> verrez des choses !!!!!!la pensée unique : berkkkkkkkk
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