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le blog de brigitte blang

l'actualité politique vue par une militante du parti de gauche.


on a des dettes ?

Publié le 23 Mai 2008, 23:00pm

Catégories : #un petit tour chez les socialistes


La question du jour : Les économies annoncées par le gouvernement permettront-elles de réduire l’endettement public ?
Pas vraiment. Le gouvernement pense pouvoir économiser 7 milliards à l’horizon 2011 dans le cadre de la Revue Générale des Politiques Publiques. Il a annoncé le non remplacement de 35 000 départs à la retraite dans la fonction publique l’an prochain, après la suppression de 23 900 postes cette année. Cela permettra d’économiser tout au plus 500 millions d’euros par an. Il faudra sabrer de nombreux engagements budgétaires. Le Revenu de solidarité active en fera sans doute les frais. Les services publics seront quant à eux progressivement amputés des moyens d’assurer leurs missions.

Certains économistes nous expliquent pourtant qu’on ne peut pas faire autrement…
Je ne suis pas d’accord. Des réorganisations de l’Etat sont évidemment nécessaires. Mais un plan de rigueur est une erreur dans la conjoncture actuelle. Il fera plonger d’autant plus rapidement l’économie dans la récession. Moins de croissance, c’est moins de recettes fiscales. Trop de rigueur tuera la rigueur ! La loi de finance est construite sur une hypothèse de croissance de 2,25%. Celle-ci sera probablement inférieure à 1,4%. Les déficits se creuseront, au contraire de l’objectif recherché.

Qu’aurait-il donc fallu faire ?
Il aurait fallu mettre sur pied un plan de relance, comme l’ont fait les Américains, en acceptant de laisser filer temporairement les déficits. La reprise de la croissance aurait engendré des recettes fiscales permettant en fin de course de réduire les déficits.

Mais pour financer un tel plan de relance, il faut de l’argent, et les caisses sont vides, dit-on ?
Bernard Maris et moi-même essayons d’expliquer à chaque fois à Jean-Marc Sylvestre que la France n’est pas en faillite. Elle a une dette, mais détient aussi des actifs. Le solde du bilan est largement positif. Notre pays dispose de plus, au contraire des Etats-Unis, d’une abondante épargne intérieure et nos épargnants achètent volontiers des obligations d’Etat qui sont très sûres. L’Agence France Trésor peut donc émettre des titres à des taux très bas, si bien qu’il n’y a aucun problème pour financer de la politique publique. Le paquet fiscal a d’ailleurs été financé par l’emprunt. Il n’a malheureusement pas produit le choc escompté sur la croissance. On pourrait au moins redéployer ses 13,8 milliards vers d’autres choix, ayant un impact sur la croissance : investissement public, santé, éducation, innovation, recherche, redistribution.

Alors pourquoi ne le fait-on pas ?
Par choix politique et par respect dogmatique du pacte de stabilité, qui fixe une limite de 60% du PIB à l’endettement public. Or cette limite est absurde. A l’heure où la dépense privée est insuffisante, le pacte de stabilité empêche l’Etat d’emprunter pour dépenser, comme n’importe quel agent économique. Il faut donc le réviser. Ni la France, ni l’Allemagne, ni l’Italie ne parviennent à le respecter.

On dit pourtant que les dépenses publiques n’ont cessé d’augmenter inutilement.
C’est encore une idée reçue. La part des dépenses publiques dans le PIB est strictement la même qu’il y a 25 ans (53% du PIB). Parmi ces dépenses, la part des dépenses de l’Etat a même baissé de trois points, de même qu’en son sein, la part des dépenses de fonctionnement et de personnel, souvent décriées. La part des dépenses sociales (santé et retraite) s’est par contre accrue, sans qu’on puisse crier au scandale. Nous en reparlerons demain.

Le dicton du jour : « ça va mal finir… » (c’est le titre d’un best-seller du moment).


 

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Commenter cet article
I
je voulais féliciter ce blog pour la publication de fiches très pédagogiques et très concrètes sur les problèmes économiques et sociaux que rencontre la France en ce moment .de la part d'un ancien élève du professeur raymond Barre de l'Université de Paris Panthéon.
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F
Pour les oreilles d'âne c'est bien vu. mais le pire c'est sa langue et son venin néolibéral, anti social et lui il à les ondes grandement ouvertes, il sert si bien par sa servilité les intérêts des nantis. Alain
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