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le blog de brigitte blang

l'actualité politique vue par une militante du parti de gauche.


En Irlande, cette année-là

Publié par Brigitte Blang sur 6 Mai 2021, 13:11pm

Catégories : #histoire et histoires

En Irlande, cette année-là

C’était il y a 40 ans. Dans la prison de Maze, après 66 jours de grève de la faim, Bobby Sands le leader de l’IRA meurt à 27 ans.

Que sait-on de ce jeune homme, sinon que Margaret Thatcher a eu raison de lui ? Raison de sa vie, mais pas de ses idées, ni de la détermination de ses compagnons. 9 ans plus tôt, on l’arrête pour détention d’armes, à Belfast. Aussitôt, on le juge et on le condamne à 5 ans de prison. C’est là, justement, que la cause irlandaise devient SA cause. Il écrit. Des poèmes et aussi des tribunes politiques. Il se met à parler le gaélique. Et, comme bien souvent, à peine libéré, retour à la case prison, pour 14 ans cette fois.

C’est à peu près à ce moment-là que les prisonniers de l’IRA se voient traités en droit commun. Toutes les luttes de Bobby vont alors se concentrer sur cet aspect des  lois. Leurs demandes ? Oh pas grand-chose. D’abord et avant tout, ne pas porter l’uniforme carcéral. Et puis pouvoir recevoir des lettres et en envoyer. Comme tout leur est refusé, débute alors le blanket protest (la revendication des couvertures). Il s’enroule dans ses couvertures, puis vit nu, sans se laver. Déchéance suprême, pour l’autorité politique.

Et lorsqu’en 1979, Thatcher arrive au pouvoir la discipline dans les prisons devient implacable. Les humiliations physiques succèdent aux vexations morales : jet d’eau, fouilles à corps très poussées, rasage imposé, violences multiples. Alors, Bobby et huit de ses camarades vont démarrer une grève de la faim sans limites. Tous vont mourir entre mai et octobre 1981. Tous. Avant d’avoir vu qu’ils ont gagné. Ou presque. Le gouvernement finira par céder, par accorder des droits aux militants de l’IRA incarcérés. Mais jamais ils n’obtiendront le statut de prisonniers politiques.

Le réalisateur Steve Mac Queen, dans son film Hunger, a raconté cette marche au supplice, ce martyre consenti. Rien n’y est occulté. Ni la mort, ni la lutte corporelle, ni l’audace de ce combat inhabituel. Si vous le croisez quelque part en passant, ne le ratez pas. C’est un vrai morceau d’histoire contemporaine. Dont on a trop peu parlé par chez nous. Pour cause de campagne électorale qui se terminait comme on le sait. Mais une histoire qu’on n’a pas le droit d’oublier. Peut-être surtout parce que, ces temps-ci, on nous refait le coup de la nostalgie thatcherienne. Et qu’il ne faut pas oublier ce que ça cachait, l’expression «  Dame de Fer ».

brigitte blang

En Irlande, cette année-là
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