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le blog de brigitte blang

l'actualité politique vue par une militante du parti de gauche.


prolétaires de tous les pays...

Publié par Brigitte Blang sur 13 Janvier 2019, 00:00am

prolétaires de tous les pays...

13 janvier 1923 : l’occupation de la Ruhr

Novembre 1918, l’Allemagne est vaincue après 4 années d’un conflit destructeur.

Juin 1919, le Traité de Versailles entérine des décisions qui ne cesseront d’être une humiliation pour le peuple allemand, avec les tragiques conséquences que l’on sait.

L’Allemagne doit payer des réparations aux pays qu’elle a agressés 9 ans plus tôt, en 1914, et tout spécialement à la France et à la Belgique, qui avaient eu à subir des dommages industriels conséquents. Réparations dont le total se monte à 132 milliards de Marks-or. Un petit rien du tout pour un pays exsangue.

Le président du Conseil, Raymond Poincaré veut être assuré que les « amendes » seront bien acquittées. Son gouvernement décide alors de mettre la main sur les outils de production indispensables au redressement du pays : le charbon et l’acier. Il s’agit donc d’occuper les régions les plus industrialisées, la Ruhr et la Rhénanie. La méthode la plus simple est encore d’envoyer l’armée. C’est ainsi que le 13 janvier 1923, 47000 soldats français et belges entrent en Allemagne, afin de prendre le contrôle des puits de charbon, et des chemins de fer qui acheminent la matière première. C’est ce que Poincaré décrit de manière imagée comme « un gage productif » !

La Première Guerre mondiale trouve là une drôle de suite. Une guerre au service du grand capital entendait-on ici et là. La fin des combats avait vu naître le regain des idées progressistes. Mais la bourgeoisie, aux commandes de tout l’arsenal industriel commence à redresser la tête.

L’occupation de ces territoires est jugée comme « un acte de piraterie » par les tout nouveaux partis communistes de France et d’Allemagne. D’autant que la réaction ne se fait pas attendre d’un nationalisme outragé, issu des corps-francs qui avaient écrasé la révolution de 1919, prompt à dénoncer la soumission de l'Allemagne au diktat des impérialistes. Marcel Cachin, député de Paris, présent à Essen dès le 6 janvier, participe à plusieurs grands meetings, à Stuttgart, à Frankfurt. Il s’y exprime contre l’intervention, en défendant un avenir internationaliste et en rappelant à quel point, au-dessus des frontières, le destin des travailleurs des deux pays était semblable. Il va être condamné « pour attentat à la sûreté extérieure de l’État » et emprisonné à la Santé. Il en sortira en mai de la même année.

Les troupes d’occupation ne quitteront la Ruhr et la Rhénanie qu’en août 1925. Mais les terribles graines du nationalisme exacerbé étaient semées. Et allaient bientôt lever…

Brigitte Blang

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