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le blog de brigitte blang

l'actualité politique vue par une militante du parti de gauche.


Guilloux l'insoumis

Publié par Brigitte Blang sur 13 Octobre 2018, 23:00pm

Catégories : #un peu de ciné - de lecture - de culture

14 octobre 1980 : mort de Louis Guilloux.

Le Sang noir, cette œuvre emblématique des années 30, ce chef d’œuvre qu’on connait plus ou moins, sans bien toujours savoir si on l’a lu, ou si on l’a vu, le Sang noir, roman foisonnant, concentrant en une journée de 1917 (temps révolutionnaire, temps de mutineries) toutes les indignations, les obsessions de son auteur : l’armée, la guerre, la bourgeoisie bien pensante et hypocrite, l’école, l’état, tout ce qui le révulse, tout ce qu’il dénonce. Le Sang noir, l’œuvre d’un jeune auteur, Louis Guilloux.

Il naît en 1899, à Saint Brieuc dans un milieu ouvrier, d’un père militant socialiste. Élève, puis surveillant au lycée de sa ville, il y rencontre celui qui servira de modèle au personnage principal de son œuvre maîtresse, Georges Palante, professeur de philosophie et de morale, critiqué, vilipendé. Palante sera son Merlin. Son Cripure. Déjà ses lectures préfigurent ses choix, ses engagements futurs : Rousseau, Vallès, Rolland. Il quitte la Bretagne pour Paris à la fin de la guerre. L’écriture le saisit, pour ne plus le lâcher. On le retrouve rédacteur à l’Intransigeant. Ses amis se nomment Grenier, Chamson, Halévy, Malraux, Guéhenno. Guilloux écrit. Pas seulement des articles, des traductions. Non, aussi des romans. Il donne à voir. Sans juger, il observe.

En 1927, Halévy fait paraître chez Grasset La Maison du Peuple. Chronique à peine romancée de l’expérience solidaire que son père a menée sans beaucoup de réussite à Saint Brieuc. Il en gardera la réputation d’un écrivain populiste, seulement intéressé par la misère du prolétariat. Les romans qui suivent sont de la même veine, proches de l’autobiographie. Sa conscience politique est vive, acérée. Et même s’il n’adhère à aucun parti, si progressistes soient ceux-ci, il soutient les luttes sociales et s’approche du Parti communiste. Antifasciste des premières heures, il prend la tête du Congrès mondial des écrivains. Et bientôt, on le retrouve aux responsabilités du Secours populaire, qui vient en aide aux réfugiés espagnols, malgré les lourdeurs administratives qui entravent toute initiative. La guerre le voit en Bretagne, unificateur des différentes résistances.

Le Sang noir lui a apporté la notoriété du public, et davantage que l’estime de ses pairs : leur amitié. Rien n’a changé depuis. Pendant que Guilloux adapte les Thibault pour la télévision, Marcel Maréchal fait monter Cripure sur les planches. Cripure, ce saint laïque porteur de toutes les injustices. Et de toutes les espérances. Comme Guilloux, simplement.

Brigitte Blang

Guilloux l'insoumis
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