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le blog de brigitte blang

l'actualité politique vue par une militante du parti de gauche.


Robespierre, contre l'esclavage

Publié par Brigitte Blang sur 12 Mai 2018, 23:00pm

Catégories : #dans l'Heure du Peuple

Robespierre, contre l'esclavage

13 mai 1791

Robespierre réclame les Droits de l’homme pour les esclaves des colonies.

On l’oublie trop souvent : une commune de Franche-Comté, Champagney, avait dès mars 1789, dans ses cahiers de doléances, demandé l’abolition de l’esclavage.

Au début des années 1790, la Révolution jette à bas le pouvoir absolu, confisque les biens du clergé, invente la Nation et abolit les privilèges. Et surtout elle écrit la Déclaration des Droits de l’Homme. Mais le travail est loin d’être achevé. Dans les colonies, des hommes maintiennent en servitude d’autres hommes. Dont le crime tient en trois mots : ils sont noirs…

Et en mars 1790, la Constituante, obéissant aux pressions des colons et des villes portuaires, adopte la pérennité de l’esclavage. Décision prise presque sans débat. Pourtant, une poignée de députés s’élève contre cette aberration, présageant une grave riposte à la négation des principes fondateurs de la Révolution. Et de fait, la guerre civile éclate en juin 1790 en Martinique et à Saint-Domingue.

Au mois de mai suivant, ces insolents parmi lesquels Robespierre mais aussi, on ne s’en étonnera pas, l’Abbé Grégoire et Condorcet tous membres de la Société des amis des Noirs vont s’épuiser contre un texte qui « s’il était adopté, ôterait à l’Assemblée sa popularité et son titre de protectrice des droits de l’humanité ».

Le 12 mai, Maximilien monte à la tribune pour réclamer au moins l’égalité civile pour tous les hommes quelle que soit leur couleur. Il se heurte à Barnave, qui prédit la perte des colonies si l’Assemblée décide de suivre cette utopie.

Longues sont les discussions. On argumente, on bataille. Faut-il parler de « Noirs non-libres » ? Ou plutôt d’esclaves ? Robespierre et ses amis refusent absolument de déshonorer l’Assemblée en employant ce mot honni. Les Droits de l’Homme ne peuvent se contenter d’une géométrie variable en fonction de la couleur de la peau.

Le 13 mai, il lance à l’Assemblée une phrase que l’Histoire retiendra entre toutes : « Périssent les colonies plutôt qu’un principe !  Périssent les colonies, s’il doit vous en coûter votre bonheur, votre gloire, votre liberté. »

C’est pourtant en vain qu’il aura plaidé.

Le 15 mai 1791, c’est bien le décret défendu par Barnave qui est adopté. Robespierre monte une dernière fois à la tribune pour défendre le principe des droits des hommes dans son entier, sans consentir aucun amendement. 

La honte rougira le fronton de l’Assemblée. Jusqu’en février 1794 où enfin est votée l’abolition. Tout aussi vite remise en cause par un certain Bonaparte. Avant qu’en avril 1848, et définitivement cette fois, soit mis fin à l’abjection que constitue l’asservissement d’humains par d’autres humains. Donnant raison à Champagney, après 59 années de lutte humaniste.

(ci-dessous, la page des cahiers de doléance de Champagney)

Brigitte Blang

Robespierre, contre l'esclavage
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M
Brigitte.<br /> Je ne sais pas si Victor Schoelcher était un "homme de gauche" au sens où nous l'entendons aujourd'hui.<br /> Mais tu aurais pu citer son nom : le décret du 27 avril 1848 c'est son œuvre.
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B
Mais l'article concerne Robespierre. Pas Schoelcher. Je ne m'interdis pas d'écrire sur lui à l'occasion. Mais pas cette fois.<br /> Brigitte

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