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le blog de brigitte blang

l'actualité politique vue par une militante du parti de gauche.


40 ans...

Publié par Brigitte Blang sur 16 Mars 2018, 10:11am

Catégories : #histoires et histoire

40 ans...

16 mars 1978. Naufrage de l’Amoco-Cadiz

Le 16 mars 1978, au large du Finistère, face au village de Portsall, une avarie provoque la dérive, puis le naufrage d’un supertanker libérien, l’Amoco-Cadiz. Les 227000 tonnes de pétrole brut de ses cuves vont s’écouler dans l’océan. Très vite, la tempête aidant, la côte est touchée. Très vite, on sait que cette marée noire, la deuxième du genre après celle du Torrey Canyon en 1967, va avoir des conséquences désastreuses sur l’environnement et la biodiversité marine. Et très vite aussi, on identifie le piège : sur les 3 remorqueurs susceptibles de se porter en secours, l’un est à Terre-Neuve, le deuxième trop éloigné pour intervenir. Quant au troisième, il pointe au radoub… Autant dire que la Marine est impuissante à agir.

Deux semaines suffisent pour vider les citernes de leur mortelle cargaison. Tous les jours, nos téléviseurs déversent en boucle les images des oiseaux englués, des mammifères marins étouffés dans l’huile. Et de cette côte de granit qui n’a plus de rose que le nom… Mais aussi de tous ces bénévoles venus par centaines prêter main forte aux Bretons dans leurs efforts à rendre au littoral sa beauté et sa richesse biologique originelles.

Tous les jours, micros et caméras se tendent vers ceux qui depuis bien longtemps déjà avaient prédit qu’« un jour, ça finirait par arriver ». Et c’était arrivé. Le cœur gros, mais le courage intact, les volontaires s’activent. En dénonçant aussi l’incurie du pouvoir, qui à quelques jours d’élections délicates pour la majorité, a préféré fermer les yeux sur le désastre annoncé que de remettre en cause les périples insensés de ces bateaux géants, porteurs de menaces écologiques et humaines.

L’histoire est cruelle. Il aura fallu cette épreuve, qui n’avait rien d’une fatalité, pour que les autorités françaises mettent en place un autre plan de secours et de surveillance dans ce rail maritime. Bien tardif pour les centaines de milliers d’êtres vivants sacrifiés à la rentabilité, et les marins pêcheurs suicidés. Et il faudra 14 années d’un procès fleuve pour que les communes concernées obtiennent une moitié à peine des indemnités réclamées.

De cet épisode de sinistre mémoire, René Vautier a fait un film. Pour dénoncer les collusions mortifères de l’état et des intérêts financiers. Et montrer la colère des Bretons et de leurs élus. On ne le verra pas sur les chaines convenables. Puisque Vautier avait refusé de couper les scènes de manifestations jugées offensantes ! Il s’appelle Marée noire, colère rouge

 

Brigitte Blang

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