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le blog de brigitte blang

l'actualité politique vue par une militante du parti de gauche.


Merci monsieur Freinet

Publié par Brigitte Blang sur 9 Octobre 2016, 23:00pm

Catégories : #école

Merci monsieur Freinet

15 octobre 1896 : dans une famille d’agriculteurs, nait un garçon qui va révolutionner le regard porté sur le monde de l’école. Révolutionner la vie des écoliers, celle de leurs maîtres aussi.

Au lendemain de la grande guerre, cet ami de Poulaille et Barbusse engage un long travail de recherche et d’innovation pédagogiques. Un travail qui repose sur une aspiration : rendre l’école véritablement égalitaire, solidaire, laïque. Son projet, il le nomme l’école moderne.

L’idée en est si simple… Soit un groupe d’élèves. Faites-les écrire, avec leurs mots, des textes « libres » qu’ils vont ensuite imprimer. Ouvrez leur esprit au monde en organisant une correspondance avec d’autres petits, qui vivent pareillement, ailleurs. Jetez les bases de l’esprit coopératif à l’école. Échangez vos pratiques même au-delà des frontières. Diffusez, diffusez encore, à travers des revues comme la Gerbe ou l’École émancipée, ou des films que vous avez tournés.

Cela parait si facile. Et pourtant, que d’embûches, de chausse-trappes à déjouer ! L’administration, des parents inquiets de tant de liberté accordée, les partis conservateurs et leurs journaux, Maurras et des anciens combattants s’en mêlent. Le maire de sa commune déclenche une grève scolaire. Harcelé de toutes parts, il doit prendre sa retraite à… 39 ans !

Il ne baisse pas les bras. L’aventure est trop belle, trop fertile pour finir ainsi, genou à terre face à la réaction triomphante. Dès la rentrée en octobre 35, il ouvre à Vence son école du Pioulier, son école privée. Ouverture confirmée en juillet 36 par Jean Zay, ministre du Front Populaire.

Le Pioulier accueille large. Des petits Parisiens, des enfants de l’Assistance publique, dès février 37 deux petits réfugiés espagnols, mais aussi des juifs allemands, traqués par les nazis.

Son engagement communiste ne va pas lui faciliter la vie pendant la guerre. Surveillé, interné, il voit de loin la fermeture de son école. Qui va rouvrir en 45, soutenue par les Aubrac.

La bataille va encore être longue. Mais lorsqu’il meurt, en 66, il a eu le temps de voir son école reconnue par l’institution.

C’était Célestin Freinet, l’instituteur qui avait voulu faire de l’école l’antichambre de la démocratie, formatrice de citoyens responsables d’eux-mêmes.

brigitte blang

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